Il est difficile d'expliquer pourquoi on accueille un film de Wes Anderson mieux qu'un autre. The Phoenician scheme a toutes les qualités et tous les défauts de ses précédents. On pourrait presque reprendre ce qu'on a écrit la fois d'avant... En synthèse, le sens de l'esthétique est comme toujours poussé à l’extrême. Comme toujours, on retrouve le nom des mêmes fidèles au générique. Et comme toujours, les protagonistes défilent les uns après les autres dans un ballet un peu artificiel, avec ce même sentiment de vide, pour une histoire artificiellement remplie.
Mais celui-ci a quelque chose d'hypnotique. Est-ce dû à son thème principal à la croisée de György Ligeti et d'Ennio Morricone ? Est-ce dû à la performance de Benicio del Toro, de plus en plus fortiche pour exprimer des nuances plus ou moins indéchiffrables ? Est-ce dû à ce complot mondial qui change un peu du sentimentalisme coutumier du réalisateur ? Est-ce parce qu'on peut y voir une allégorie du capitalisme, même si Wes Anderson n'est pas vraiment coutumier de la critique politique ? Mais le fait est : The Phoenician scheme est prenant autant que surprenant.
On pourra regretter une petite baisse de rythme vers la fin. Mais c'est tout léger. On pourra regretter la succession de situations plus ou moins similaires, où le héros devra convaincre l'un, puis l'autre, puis le suivant. Mais les tableaux sont tous savoureux. Donc en clair, on pourra faire la fine bouche. Mais à tout bien réfléchir, cela revient davantage à faire le difficile qu'à réellement être objectif. Autant donc profiter du spectacle, même si on ne perçoit pas totalement pourquoi The Phoenician scheme fonctionne si bien.