The plague offre une représentation crue de cette période aussi importante qu’ingrate qu’est l’adolescence.
Un ostracisme volontaire ou inconscient, manifesté ou muet mais quoi qu’il arrive toujours guidé par un besoin d’appartenance.
Si ce n’est pas lui, qui me dit que ce ne sera pas moi? Un pas de côté c’est déjà s’exposer.
La peste c’est les autres. La violence de l’effet de groupe, le poids du nombre. La majorité silencieuse, au mieux elle ricane, au pire elle imite.
D’aussi loin que je me souvienne il y a toujours eu un Eli et toujours eu un Jake, et il y en aura toujours.
Chacun d’eux étant comme enfermé dans le rôle qui leur est attribué, sans trop savoir pourquoi.
La cruauté réside dans la symétrie qui existe entre celui qui inflige et celui qui subit.
Le premier se complaît dans un détachement coupable, là où le second se replie dans sa marginalité.
L’un par confort, l’autre par nécessité.
Cette symétrie est retranscrite jusque dans la manière dont ils traversent les mêmes espaces. L’un glisse avec aisance et décontraction, quand l’autre avance à pied dans l’effort.
Un trajet anodin pour l’un, une épreuve pour l’autre, comme un avant-goût de ce que sera leur adolescence.
La place de l’adulte est également assez fidèle, il n’apparait plus vraiment comme une figure d’autorité, pas plus que de soutien. En réalité il ne fait plus vraiment partie de l’équation.