Ce qui m'attire dans le cinéma de genre, outre les films de monstres ou d'avoir de la tripaille décomplexée, c'est de visionner des titres dont le concept - aussi farfelu soit-il - s'avère être la métaphore d'une thématique bien précise. Question exemples, je pense notamment au sida avec It Follows ou encore l'image de la femme dans le showbiz et notre société via The Substance. Avec son intrigue, The Plague fait sans conteste partie de cette catégorie. Il se rapproche même d'un certain Stephen King - ou Brian De Palma, au choix ! -, le sujet traité étant quasi identique à celui de Carrie. Ou comment, par cette histoire de peste, Charlie Polinger nous parle ouvertement de la puberté. Une période de la vie durant laquelle l'adolescent voit son corps changer mais également sa mentalité. Obsédé par l'idée d'être admis dans un groupe et d'avoir peur d'être différent, d'être lui-même, sous prétexte d'être rejeté. C'est ce que raconte frontalement The Plague, à hauteur d'enfants - quasiment aucun adulte, si ce n'est un Joel Edgerton n'apparaissant que par à-coups -, sans ménager ni ses personnages ni le spectateur. Le film n'y va clairement pas de main morte, en confrontant son jeune protagoniste à la cruauté pourtant naturelle et humaine de ses camarades. Pour la plupart, les comédiens se révèlent assez convaincants et donnent vie à ce récit pouvant se montrer éprouvant, aussi bien mentalement que viscéralement. Toutefois, je reprocherai à l'ensemble d'en faire des caisses en matière de mise en scène. Comme les compositions de Johan Lenox, qui tente de créer une ambiance un peu trop elevated horror. Ou encore en ce qui concerne certains plans, ralentis et aquatiques, se voulant oniriques. Par ces artifices, The Plague libre une atmosphère tombant trop souvent dans l'excès, m'ayant de temps en temps sorti du visionnage alors que le reste me captivait. Je jetterai la faute sur le statut de "premier film", le titre faisant preuve de gourmandise et de maladresse. Mais pour un premier essai, c'est plutôt prometteur !