Charlie Polinger nous signe ici son premier long métrage, auquel son premier prix a été remporté à Deauville.
The Plague parle d’un camp d’été de jeunes garçons dont leur but est de perfectionner le water-polo. Une rumeur commence à se propager dans le camp : l’un des garçons, Eli, aurait la peste — et elle est EXTRÊMEMENT contagieuse. Ben, le protagoniste, refuse d’y croire, mais en même temps, s’il n’y croit pas, il va faire l’expérience de la magnifique ambiance du harcèlement.
The Plague est un tout. Charlie Polinger avait conscience que son scénario tient sur une page — alors comment fait-il pour que ça marche allègrement pendant seulement 1h30 ? Il perfectionne l’intégralité du reste :
• Des plans chirurgicaux, mathématiques, entre miroir et reflet grâce à la piscine. Tout est sinistre, oppressant, et aussi magnifique et beau ! Chaque plan a été réfléchi au millimètre près, chaque plan est là pour nous plonger avec eux.
• La musique orchestrée par le jeune Johan Lenox est à l’image du film : elle prend aux tripes, nos dents se serrent à chaque note.
• Le jeu d’acteurs — chacun des jeunes garçons est si viscéral, fort, juste, aucun ne détonne. On ressent la peine, la peur, la colère, la haine, tout est puissant.
• Et plein d’autres que je vais éviter de révéler pour ne pas aller dans le spoil.
Je trouve qu’il y a beaucoup à raconter sur ce film. On relève des défauts tout de même, qui font que la note ne peut dépasser 8. Une conclusion qui peut laisser perplexe malgré son génie, des réactions peut-être exagérées (parlait-on autant de cul à 13 ans ? Vraiment ?). La mise en scène, sur laquelle je reste sur ma position qu’elle est splendide, est tellement belle et importante qu’elle cloisonne certaines scènes — et cloisonne l’émotion dans un tableau parfait.
The Plague, c’est le premier film de Charlie Polinger qui pose son pas dans le cinéma avec panache et qui mérite beaucoup d’attention et de regards. Affaire à suivre.