Pour un premier film, c'est un incroyable film. Charlie Polinger signe une plongée dans les prémices de l'adolescence. Encore un peu enfant et pas encore en pleine transformation.
On suit un garçon qui évolue au sein d'un groupe qui pratique le water polo et qui se voit harcelé car il aurait la peste. Nous voici devant un film hybride, le réalisateur mélange les genres, passant d'une comédie adolescente au drame et jusqu'au body horror, car oui THE PLAGUE est également un film d'horreur, proposant une montée crescendo de la tension, de la violence (à la fois physique et surtout psychologique) et un hommage sincère au cinéma de Cronenberg: n'hésitant pas à filmer un corps de garçon qui mute tandis que les sévices mentales sont de plus en plus sadiques et humiliantes.
Nous passons du rire sur des plaisanteries salaces, à la peur qu'un drame risque d'arriver. Et les moments de camaraderie avec lesquels nous pourrions nous identifier deviennent très vite des moments malsains, pénibles, terrifiants. Charlie Polinger filme le tout à hauteur d'enfant, avec une certaine froideur et distance.
Tandis que les adultes n'ont quasiment pas de place, ils sont presque absents et quand ils apparaissent (en tout cas Joel Edgerton) ils ne sont jamais filmés entièrement, toujours un peu coupé dans le cadre, caché par un objet ou un enfant toujours en premier plan.
Les enfants comédiens sont excellents, ils n'ont rien des enfants typiques ou classiques, ils n'ont rien de beaux, ils sont ingrats, leurs physiques est disgracieux mais cela fonctionne et cela apporte beaucoup d'authenticité dans leur interaction et dans leurs dialogues.
Nous sommes devant une version moderne de SA MAJESTE DES MOUCHES.
THE PLAGUE est la naissance d'un grand réalisateur.