Pour son premier long métrage "The Plague" le réalisateur américain Charlie Polinger plonge le spectateur dans l'enfer de la pré-adolescence.
Inspiré par une relecture de ses journaux intimes, le réalisateur immerge d'emblée le spectateur au cœur d'une piscine, décor d'un camp d'entraînement d'été d'une équipe masculine de water-polo d'enfants de 12/13 ans où la masculinité va prendre corps.
Comme l'eau stagnante, avant que les gamins se jettent dedans, l'esthétique mise en scène géométrique très maîtrisée distille peu à peu une horreur qui va se mouvoir entre harcèlement et body horror, avec un travail sur le son prégnant qui accebtue l'aspect horrifique de cette communauté sportive où les jeux de pouvoirs deviennent comportements toxiques et harcèlements pour peu que certains éléments révèlent une certaine singularité en dehors de la norme.
La narration inocule lentement l'ostracisation de certains individus, à travers un récit initiatique particulièrement oppressant sous la ligne de flottaison intime, au milieu de couloirs désertés inquiétants convoquant ceux de l'Overlook Hotel de "Shining" (1980) de Sttanley Kubrick ou dans des dortoirs nocturnes où la méchanceté pernicieuse voit le jour. Particulièrement bien servi par un casting de jeunes acteurs épatants ou effrayant, cet horrifique "coming of age" s'avêre singulièrement brillant, inconfortable et éprouvant.