🎬 THE PLAGUE - Charlie Polinger
Parmi les nombreux films consacrés au harcèlement scolaire, The Plague parvient à trouver une voie singulière, en choisissant de traiter ce sujet en empruntant aux codes du film d’horreur pour transformer une contamination imaginaire en métaphore des mécanismes d’exclusion.
Le film impressionne d’abord par sa maîtrise. Pour un premier long métrage, la mise en scène affiche une assurance remarquable. La tension s’installe progressivement, presque insidieusement, jusqu’à devenir étouffante. Le cinéaste joue habilement avec les codes du body horror : plaques sur la peau, démangeaisons, corps qui se transforment, sons inquiétants qui viennent envahir l’espace sonore. Certaines séquences sont même suffisamment inconfortables pour donner envie de détourner le regard.
Ce qui fonctionne le mieux reste sans doute la façon dont le film capte ce moment fragile de l’adolescence où l’appartenance au groupe devient une question de survie. The Plague parle autant du harcèlement que du conformisme, de la honte et de cette peur panique d’être celui que les autres considèrent comme différent.
Les trois jeunes interprètes principaux sont remarquables. D’un côté, le harceleur, parfaitement intégré, populaire, toujours souriant, tellement à l’aise dans ses baskets qu’il peut tout se permettre (autour de lui, d'autres adolescents composent un groupe inquiétant, justement parce que le réalisateur a l'intelligence de ne pas les faire ressembler à une bande de bourreaux caricaturaux). De l’autre, le garçon rejeté, dont l’isolement finit peu à peu par modifier le comportement et renforcer encore son exclusion. Entre les deux, un personnage tiraillé, désireux d’appartenir au groupe dominant tout en conservant une forme d’empathie pour celui qui en est victime.
L'ensemble n’échappe pas néanmoins à certaines limites. Son habillage, très travaillé, finit parfois par prendre le dessus sur son propos. Et à un peu trop accentuer ses effets de style, le film révèle un côté un peu "poseur".
The Plague s’impose comme un film tendu, original et souvent saisissant, qui parvient à aborder un sujet grave sans lourdeur démonstrative.
MA NOTE : 8,5/10
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