Considéré par Gilles Penso dans son article comme « un film en voie de disparition » dont il ne « reste qu’une poignée d’images fabuleuses » au moment de la parution de son ouvrage Stop-Motion, l’animation image par image dans le cinéma fantastique (2002), le rapprochant ainsi du yéti traqué sans relâche, The Primevals a trouvé, durant plus de trente années, les ressources nécessaires à son achèvement : le voilà sorti aux États-Unis sous la supervision de Charles Band et de son studio Full Moon, complété et restauré de façon à rendre hommage et honneur au savoir-faire de David Allen, génie de la stop-motion. Les différentes techniques mobilisées produisent une œuvre fluide, aux effets spéciaux bien plus crédibles et authentiques que leurs rivaux numériques : l’utilisation de caches et de contre-caches, de l’incrustation et de la rétroprojection assurent un dynamisme étonnant, si bien que les créatures animées nous semblent davantage incarnées que les personnages humains. En effet, malgré ces qualités, le long métrage divise dans son ensemble tant les parties animées sont magnifiques et les autres terriblement banales, comme empruntées aux diverses déclinaisons téléfilmiques de la saga Tremors et consorts ; l’écriture des personnages se révèle caricaturale, ce qui n’empêche pas la docteure Claire Collier d’émouvoir par un jeu plutôt convaincant. Bref, voilà un joyeux bric-à-brac créatif et référentiel à considérer pour sa technique, aboutissement boiteux et imparfait – famille Band oblige ! – d’un artiste complet, David Allen.