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Wouuh, un biopic linguistique ! Combinant mes passions pour les langues et le cinéma, ce film a vite attiré mon attention. Pas de déception, et de transcendance non plus : peut-être aurai-je senti la zizanie qui a affecté le tournage, ou bien le modèle du biopic m’aura-t’il une fois de plus paru trop rigide, trop facile à résumer et/ou publiciser sous des termes comme « linguiste autodidacte » ou « médecin schizophrène » qui seront en réalité à l'arrière-plan du scénario.


Un des vrais torts du film est cependant d'avoir trop laissé voir à quel point cela lui tenait à cœur de rassembler Sean Penn et Mel Gibson sur un banc, dans la belle image d'affiche d'une amitié inattendue entre deux vieillards incompris qui se retrouvent dans leur lutte. Leur histoire allait bien plus loin, et ce « plus loin » n'est d'ailleurs pas particulièrement sous-représenté, car le film a su quoi faire pour délimiter son petit monde : le design de son petit réseau de personnages fonctionne parfaitement, chacun ayant quelque chose à apporter aux autres.


Malheureusement, les lieux se succèdent comme des coquilles vides qu'on bourre de ce sur quoi l'histoire porte au départ : les mots. Ces mots, dont le « professeur » James Murray et le « fou » William Chester Minor ont rempli le dictionnaire d'Oxford en leur temps, sont aussi dans le film ceux d'interventions majestueuses mais situées en-dehors de tout crescendo, envolée, ou autre rythmique de narration, ce qui accentue l'impression que de nombreux bouche-trous sont là pour donner l'illusion qu'il y avait beaucoup à dire sur eux.


Je passe sous silence l'invention d'une histoire d'amour que je veux bien mettre sous le coup de la licence artistique, et je ne saurais bouder mon divertissement ni les choses que le film m'a apprises, mais sa fin arrive vite malgré ses deux heures.


Quantième Art

EowynCwper
5
Écrit par

Créée

le 5 mai 2021

Critique lue 343 fois

Eowyn Cwper

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