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le 22 sept. 2015
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Cela commence toujours avec des images d'archives... La victime, jeune et souriante, croque la vie en noir et blanc puis en couleurs désaturées. Avant le crime. Avant le sang. Puis on essaie de...
Le cyclisme et le Tour de France me sont totalement étrangers. Ado, c'était le tennis et McEnroe qui me passionnaient. Lance Armstrong ? J'en ai entendu parler par les médias, comme tout le monde. Et je me souviens aussi que mon père, fidèle du Tour, ne l'aimait pas. Trop américain, trop arrogant et prétentieux. Un sale con, selon lui.
Et pourtant, j'ai aimé le film. Pour autant, je trouve que le boulot de Stephen Frears ne mérite pas plus de 6/10. Franchement, la mise en scène, le scénario, la photo et la musique ne cassent pas des briques et déçoivent de la part d'un réalisateur réputé. On dirait un joli téléfilm, sans plus. La première partie - son ascension, son dopage, ses sept victoires - m'a moyennement passionnée, parce que tout ça ne m'évoque rien et que Frears ne fait rien pour que ce soit passionnant pour une non connaisseuse comme moi. J'ai commencé à être vraiment accrochée après sa septième victoire, parce que psychologiquement, ça devient intéressant. La deuxième partie m'a vraiment plu.
Le film mérite tout de même 7/10 pour deux raisons :
1. Même si Lance Armstrong se révèle assez proche de l'image peu flatteuse qu'en avait mon père, c'est un personnage follement romanesque. Quel dommage que Frears n'ait pas approfondi davantage la psychologie de ce type aux multiples facettes. On meurt d'envie de savoir ce qui se passait dans sa tête, comment il a vécu son ascension et sa chute vertigineuses, comment il faisait cohabiter mensonge et altruisme. C'est quand il descend de son vélo qu'Armstrong prend une autre dimension et commence à intriguer. Loin de la compétition et de l'obsession pour la première place, on imagine qu'il a traversé des moments de doute, de déprime et de paranoïa et que sa façade de beau gosse arrogant et sûr de lui devait cacher de fortes turbulences mentales et morales. Il m'est arrivé la même chose qu'avec The Social Network de Fincher : j'en avais rien à battre de Facebook et de Zuckerberg, mais Fincher et Eisenberg ont réussi à dessiner un portrait fascinant - qui n'a certainement rien à voir avec le modèle. La grosse différence, c'est que la fascination que finit par exercer le Armstrong de The Program n'est en rien redevable au metteur en scène, mais doit tout à l'acteur principal.
2. Frears a eu une idée géniale : choisir Ben Foster pour jouer le connard pourri de talent et sans scrupules. C'est dans la deuxième partie du film que le film décolle et que Foster donne une épaisseur, une intensité, un mystère, une complexité, une noirceur à son personnage qui le rendent hypnotisant. Par un regard en contradiction avec un sourire ou avec un discours et par son langage corporel, l'acteur arrive à traduire la duplicité, les contradictions ou la tempête sous un crâne bien mieux que des paroles ne pourraient le faire. Acteur physique par excellence, Ben Foster était l'acteur idéal pour personnifier ce sportif qui a passé sa vie à solliciter son corps pour gagner - contre la maladie et dans la compétition.
J'avoue que j'ai peu remarqué le reste du casting, tellement l'acteur aimante le regard. Ah si, j'oubliais Guillaume Canet. J'ai été assez interloquée par son jeu, et surtout par son accent. Je serais curieuse de voir - et surtout entendre - le vrai Michele Ferrari. Soit Canet se fout de nous, soit il imite le médecin à la perfection et dans ce cas, ce Ferrari avait vraiment l'air d'un charlot.
En tout cas, si le film ne laisse pas indifférent et parvient même par moments à exercer une étrange fascination, c'est grâce à l'interprétation intense et au magnétisme indéniable de Ben Foster.
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