Ecrit et filmé avec les pieds, et simpliste.
Dès le début, on y trouve l'ennui, ça commence comme ce genre de films qu'on a déjà trop vu, avec la caméra qui adopte le point de vue de gens qui se filment avec leurs portables. ça commence plutôt mal. Ensuite, l'aspect catastrophe du film arrive tout de suite, pas de progression, pas de suspens, même pas d'émotion ou de temps pour avoir de l'empathie pour les persos, non, tout de suite. Une des filles, qui joue le rôle de Cassandre-lanceuse d'alerte (selon le code bien connu du film-catastrophe) que personne ne veut croire donc, comprend, aux premiers morts, que c'est l'Apocalypse avant le Ravissement. A partir de là, le film ayant livré tout ce qu'il a à nous dire, on peut éteindre son poste.
Déjà que les films-catastrophes, c'est la lie du cinéma, mais celui-ci, même à l'intérieur de ce genre cinématographique pourri, n'arrive même pas à y figurer honnêtement. Dans ce film, seule l'affiche est esthétique.
On comprend donc tout de suite le genre de ce film, c'est un film-catastrophe, comme ceux où on voit la Californie engloutie par une faille sismique géante, un avion transportant un danger virus détruit par les flammes, une météorite ou un volcan au bord de l'explosion, ou une armée de criquets transgéniques qui avale New York toute crue.
C'est du gros spectacle, ficelé bien gras, avec un prétexte derrière. Ce n'est pas plus profond que cela. N'y cherchez pas une profondeur théologique, métaphysique, ou quoi que ce soit, juste une lecture ridiculement littérale des textes, et le nouveau prétexte pour le nouveau film catastrophe parce qu'on les a presque tous épuisés.
L'Apocalypse est une excuse scénaristique et le contenu théologique est inexistant à part "oh mon Dieu, on va dire que c'est la fin du monde, et on va filmer des catastrophes".
Si ce film avait le moindre intérêt, ce serait de mesurer le niveau d'inculture religieuse sur Sens Critique, qui appelle "catholique" tout ce qui est protestant persuadés que les USA sont un pays catho (Faut le faire) -Tiens un pasteur catholique! mais c'est aussi la faute des traducteurs de films, qui font dire des "messes" aux pasteurs!!! - Le Ravissement n'est pas un concept catholique, ni rien dans ce film, mais ce n'est pas pour cette raison qu'il est incroyablement mauvais. Empathie, suspens, progression, mystère, et profondeur philosophique n'ont pas été invités au bal.
Théologiquement, ce film est une bouse: Partez de l'existence que Dieu existe - si vous n'y croyez pas, faites un effort d'imagination - et admettez que c'est bien pratique d'attendre que les démons sortent leurs fourches pour se convertir de son vivant...
Philosophiquement inutile, mais pas que, scénaristiquement aussi:
Tous les bons subissent une mort subite des moins subtiles, pouf, il est mort, et on n'arrive pas à comprendre que les survivants, qui ont pratiquement tous compris depuis les premières minutes du film qu'il s'agit de la fin du monde, ne se précipitent pas pour prier H24. On ne comprend pas non plus que seuls les "diables" attaquent si ceux qui restent sont les âmes les plus irrécupérables, finalement, les âmes supposées être perverties sont toutes sympas et altruistes, et on dirait des premiers communiants. Quand je disais "bien simpliste"...
Un autre truc scénaristiquement bien stupide, c'est que l'un des gentils méchants survivants filme pour expliquer au monde comment ils vont mourir. Ceux qui survivent aux survivants de l'Apocalypse, quand le monde sera détruit, donc?