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Ce n'est pas très conventionnel, mais commençons par une mise au point entre rédacteur et lecteurs : je fais partie des rares personnes qui n'ont pas aimé Birdman, le précédent travail d'Alejandro...
Autant l'avouer tout de suite, Leo DiCaprio ne fait pas partie de mes acteurs favoris. C'est un bon acteur, mais ce n'est pas à mes yeux un acteur capable de porter un film sur ses seules épaules. Ben j'avais tort.
The Revenant, pour ceux qui n'auraient pas encore compris, c'est l'histoire de Hugh Glass, trappeur laissé pour mort par son équipe après qu'il ait été attaqué par un grizzli. Suite à ça, il va se traîner jusqu'à son ancien camp pour les retrouver et se venger.
Si l'histoire peut paraître simpliste, il ne faut pas s'arrêter là : la réalisation est exceptionnelle, bien loin des caméras parkinsoniennes dont Hollywood nous a habitués; bien loin des plans très courts bourrés d'adrénaline inutile. Là, toutes les scènes sont étudiées, maîtrisées à la perfection. La scène d'ouverture du film, où un groupe de trappeurs britanniques et américains sont attaqués par des indiens, est splendide. Filmée sans interruption, sans coup violent de caméra : on a vraiment le sentiment d'être au milieu de l'histoire, c'est à peine si on ne ressent pas le besoin de se baisser, de peur de se prendre une flèche.
Mention spéciale à l'attaque de l'ours, filmée là aussi sans interruption, et où on a mal pendant plusieurs minutes en voyant ce que l'ours fait à DiCaprio avec un tel réalisme.
L'autre point fort tient en l'expérience proposée pour ce film. Un peu à la manière de Gravity où tout reposait en grande partie sur l'expérience de l'isolement dans l'espace, ici tout donne froid et on enfile une seconde petite laine sur le dos. Tout est fait de neige, de glace, de tons blancs, gris, marrons. A part un ou deux feux de camp, il n'y a aucune couleur chaude dans tout le film, et on finit vraiment par avoir froid, vraiment comme si on participait à l'histoire.
Et avec ce film, DiCaprio m'a prouvé qu'il était réellement capable de porter un film à lui tout seul, même si la réalisation de Alejandro Inarritu participe grandement à la qualité de sa prestation. S'il obtient enfin la statuette, ce ne sera pas démérité.
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Créée
le 26 janv. 2016
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