The Rip
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The Rip

Film de Joe Carnahan (2026)

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Joe Carnahan s’était fait remarquer il y a près de 25 ans avec l’assez efficace Narc, qui permettait également de retrouver enfin Ray Liotta dans un rôle à sa juste mesure. Le cinéaste a malheureusement par la suite répondu à des commandes mainstream avant de sombrer dans les limbes obscurs du DTV. On nous annonçait donc son « grand retour » au-devant de la scène, avec des stars de premier plan (Matt Damon et Ben Affleck) pour un thriller palpitant.


Le début du film est plutôt engageant : l’ouverture abrupte évoque complexifie les enjeux et dépeint un milieu vénéneux où la corruption rend tous les protagonistes paranoïaques, dans un récit en forme de poker menteur. Les comédiens font le job avec l’habituelle maîtrise à l’américaine, et l’intrigue se concentre sur une nuit, dans un huis clos prometteur, où Carnahan manifeste un savoir-faire encore vivace, notamment dans la dynamique des déplacements urbains nocturnes, ou l’étrangeté d’un quartier résidentiel transformé en un décor factice pour narcotrafiquants.


Et puis, voilà tout. Les enjeux ayant été posés, il n’est vraiment pas nécessaire de beaucoup se creuser la tête pour comprendre que ce qui nous est montré conduira à une relecture. Le fait de supposer à l’avance le pseudo twist n’est pas en soi un problème : ce qui embarrasse, c’est de constater la lourdeur avec laquelle on pense mystifier le spectateur. Plus le film avance, plus il s’embourbe dans d’infinis bavardages et des surexplicitations, selon cette triste règle qu’on impose désormais aux scénaristes, tenus de répéter régulièrement les enjeux et les éléments de réponse aux spectateurs qui regardent Netflix tout en scrollant un écran secondaire.


Et comme on comprend bien qu’il va falloir vider du chargeur avant la conclusion, on nous concocte un final tout droit sorti des années 90, avec poursuite et fusillades (à ce stade, même Ben Affleck n’en a plus rien à carrer, et tire mollement avec son automatique d’une main tout en conduisant de l’autre, sans même regarder sa cible) et joie des exécutions vengeresses. Et, comme si ça ne suffisait pas, on leste encore un bateau pourtant bien immergé avec un épilogue où l’on congratule tous les gentils qui ne pouvaient que l’être, parce qu’un fils mort du cancer à 10 piges te donne le joker ultime, et que tu peux encore voir l’amour de ta vie décédée chanter sur une plage. Les stars restent intactes, dans une énième production formatée qu’on oubliera très vite.

Sergent_Pepper
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le 17 janv. 2026

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