The Secret World of Foley
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The Secret World of Foley

Court-métrage de Daniel Jewel (2014)

Pas terrible ; je ne comprends pas l'intérêt de ce film, on dirait une pub pour recruter des bruiteurs, alors qu'il n'y a certainement pas beaucoup de débouchés...


Ce qui pose problème c'est qu'on a l'impression que l'intention de l'auteur est de montrer le monde des bruiteurs, or le film est assez trompeur. Déjà, les bruiteurs ne bruitent pas chaque image d'un film, la prise de son réel existe et permet déjà de créer une ambiance. Ensuite, de ce que j'ai pu voir dans des making of, c'est que bruiter peut être surprenant dans le sens où ils utilisent des objets particuliers pour reproduire nos sons ; d'ailleurs ça paraît un peu absurde de voir les bruiteurs utiliser des crustacés pour reproduire le bruit des crabes... surtout que ce n'est pas un bruit propre aux crustacés. Il y a aussi des passages où l'on croit très difficilement que le geste opéré produise le son entendu, comme celui des vagues qui viennent s'écraser sur un rocher). Les bruiteurs ont l'air complètement captivé, possédé par leur métier, ils ne rient pas, ils ne respirent pas, ils sont juste en constant émerveillement face aux images, concentrés à 200% sur leur boulot. Et enfin, qu'en est-il des interactions avec la production, des contraintes budgétaires et tout le tralala ? Tout n'est pas si simple dans ce métier, ici on dirait un petit monde parfait. En tant que documentaire, le film me paraît donc raté.


Et puis entre nous, dans le monde tel que décrit dans ce film, j'imagine que les bruiteurs sont ravis de devoir bruiter des films pornos... ben oui, parce que j'imagine qu'ils n'ont pas trouvé d'autres solutions, pour reproduire le bruit d'une pénétration anale, que de pratiquer la sodomie en studio d'enregistrement...


En tant qu'histoire, ce n'est pas mieux. On suit deux récits : celui des bruiteurs qui font leur film et celui de ce pêcheur. Sauf qu'il ne se passe rien. Oui on voit des situations différentes, tant pour le pêcheur que les bruiteurs (forcément), mais il n'y a aucun conflit, aucune difficulté. Du coup on se demande pourquoi c'est si long parce que c'est redondant. Si l'on voyait le pêcheur avoir des difficultés à pêcher et en parallèle les bruiteurs éprouver des difficultés à trouver le bon bruit, cela rendrait le tout plus passionnant. Mais non, ici on dirait qu'il y a de jolis coins de pêche et qu'il existe une liste de matos adapté à chaque bruit. Il n'y a pas d'instant d'hésitation, pas de moment de recherche, la solution est toujours là.


La mise en scène est propre et soignée. Ce qui renforce forcément le côté pub : tout est trop lisse, les images sont trop belles. Certes, c'est agréable, mais cela dessert le film dans le cas présent. Les acteurs sont filmés avec charisme, grâce à leur mutisme et leur concentration surjouée. Les décors sont chouettes, tant pour la partie pêche que la partie bruitage. Ce qui rend le scénario plus agaçant, car plutôt que d'avoir des bribes décousues qu'on aurait pu couper ou intervertir, on aurait bien aimé explorer réellement ces lieux. La musique d'ambiance fonctionne, à nouveau ça fait pub. L'absence de texte est bien, une voix off aurait considérablement alourdi le propos.


Bref, ça n'aurait duré que 2 ou 3 minutes, ça aurait été bien ; mais là, se taper 12mn de cette propagande, c'est un peu lourd, même s'il y a de jolies images.

Fatpooper
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le 11 sept. 2019

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