L’horreur invisible qui encercle les femmes, chaque jour, quand elles crient

Me retrouver sur https://www.youtube.com/@Cin%C3%A9masansfard


Et si la maternité… n’était pas une promesse. Mais un piège.

Dans The Son d’Ivan Kavanagh, ce ne sont pas des fleurs qui accueillent Laura. Mais une infection.

Le film. Pas l’enfant. Ou peut-être… les deux.


Dès l’ouverture, une fuite. Laura s’échappe, son fils dans les bras. Poursuivie par des hommes qui sentent la secte, la crasse, et l’histoire qu’on voudrait taire.

On pense à Rosemary’s Baby mais sans l’élégance. Ici, la caméra halète. Les couleurs se désagrègent. Les murs suintent. La peur est physique. Collée à la peau. Comme une maladie sexuellement transmissible par l’image.


L’intrigue paraît simple. Un enfant tombe malade. Une mère panique. Les médecins ne savent pas. Mais dans ce vide médical s’ouvre un gouffre.

David… n’est pas seulement malade. Il pourrit de l’intérieur. Comme si chaque cellule rappelait à sa mère le trauma oublié.

Et Laura, figure de victime qui refuse de l’être encore, se cabre. Se tord. Se noie dans une seule certitude : protéger son fils. Quitte à tuer. Quitte à retomber dans ce passé… où le sang coulait comme de l’eau bénite.


Le scénario de Kavanagh n’est pas une ligne droite. C’est une spirale. Chaque scène, au lieu de rassurer, désoriente.

La police ? Incompétente. Les médecins ? Sourds. Les voisins ? Menaçants.

Tout conspire contre Laura. Et dans ce vacarme de regards suspicieux, le film devient l’allégorie d’un monde qui ne croit jamais les femmes. Comme si son histoire de secte n’était qu’un délire. Comme si son fils n’était qu’un symptôme de sa folie.

Et c’est là que The Son griffe. L’horreur n’est pas tant dans la chair… que dans l’incrédulité systémique.


La mise en scène ? Tranchante. Lumières blafardes. Couloirs sans fin. Gros plans sur des visages qui se déforment comme sous une migraine. L’éclairage ne révèle rien. Il enterre. Chaque lampe fluorescente ressemble à une torture. Chaque silence… est une gifle.

On pense à Hereditary. Mais sans esthétisme. Ici, pas de beauté morbide. Seulement la fatigue. La peur. La sueur.


Andi Matichak livre une performance convulsive, entre tendresse animale et rage pure.

Luke David Blumm, enfant trop calme pour être normal, glace le sang.

Emile Hirsch, en policier ambigu, incarne l’autorité à deux visages : protectrice ou prédatrice. On ne sait jamais.


La bande-son s’infiltre comme une migraine. Des sifflements. Des pulsations cardiaques amplifiées.

Pas de catharsis. Seulement une nausée lente.


The Son parle de possession. Mais surtout de dépossession. D’une mère qu’on n’écoute pas. D’un corps qu’on exploite. D’un enfant réceptacle d’un passé qu’il n’a pas choisi.

Ce n’est pas un film de monstres, mais de systèmes. Sectaires. Médicaux. Sociaux.

L’horreur invisible qui encercle les femmes, chaque jour, quand elles crient. Et qu’on leur répond : vous inventez.


Note : 12/20.

Pas un chef-d’œuvre. Mais une déflagration sourde.

Un cauchemar où la maternité se confond avec la crucifixion.

Le-General
6
Écrit par

Créée

le 23 août 2025

Critique lue 29 fois

Le-Général

Écrit par

Critique lue 29 fois

D'autres avis sur The Son

The Son

The Son

7

ffred

3319 critiques

Critique de The Son par ffred

Rien de bien nouveau sous le soleil du fantastique et des films de possession. Mais celui-ci est plutôt bien fait, c’est prenant, assez paranoïaque, bien joué et bien mis en scène. Sans surprise donc...

le 18 oct. 2021

The Son

The Son

7

Cellophane

2324 critiques

Critique de The Son par Cellophane

Bien aimé beaucoup de choses, dans ce film !L’ambiance générale, le temps que ça prend à s’installer, qui n’est pas long mais que j’ai trouvé aussi bien rythmé que mystérieux, les comédiens qui...

le 4 juil. 2024

The Son

The Son

6

Jennylys

21 critiques

Bien mais ..

Je me suis laissée porter par le film. L'action est la du début à la fin , bien qu'un peu répétitif dans les actions on attends quand même avidement de connaître la fin. Loin d'être le meilleur film...

le 3 juil. 2023

Du même critique

L'Objet du délit

L'Objet du délit

6

Le-General

629 critiques

Ce film sur MeToo cache en réalité quelque chose de bien pire

Au départ, L’Objet du délit ressemble à un film très simple. Une accusation éclate pendant la préparation d’un opéra, les tensions montent, chacun doit prendre position. Mais plus le film avance,...

le 28 mai 2026

Babygirl

Babygirl

3

Le-General

629 critiques

Cette obsession à vouloir faire du désir féminin une grande déclaration ...

_____Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes: https://youtu.be/sSVYyyi2ZPU👉 Et s'abonner à cette chaîne Youtube où je publie régulièrement ces articles, pour n'en rater aucun ! ...

le 17 mars 2025

Juste une illusion

Juste une illusion

7

Le-General

629 critiques

Ce film va te ramener directement en 1985 (et ça fait bizarre)

Il y a des périodes qui ne s’oublient pas. Pas parce qu’elles étaient belles. Mais parce qu’elles étaient floues. Juste une illusion, c’est exactement ça. Un souvenir qui tremble. Nous sommes en...

le 15 avr. 2026