Enceinte de neuf mois, Laura (Andi Matichak) s'échappe d'une secte satanique. Au cours de sa fuite, la jeune femme accouche d'un garçon qu'elle prénomme David. Huit ans plus tard, elle l'élève seule et est devenue enseignante. Son lourd passé semble n'être plus qu'un lointain souvenir lorsqu'un soir, des membres de la secte s'introduisent brièvement dans la chambre de son fils. Celui-ci tombe gravement malade et doit être hospitalisé mais les médecins ne parviennent pas à identifier la nature du mal dont il souffre. Laura comprend vite que la secte le lui a inoculé et projette de l'enlever. En outre, elle découvre que seule la consommation de chair humaine peut provisoirement redonner la santé à David. Malgré son jeune âge, il est capable de tuer un adulte à coups de dents puis de le dévorer...
Sorti en 2021, "The Son" est un film d'horreur et un thriller psychologique d'Ivan Kavanagh. L'intrigue a pour thème central l'amour inconditionnel d'une mère pour son enfant et se situe dans la lignée de "Rosemary's baby" :
Bien que son fils soit né d'une union forcée avec Satan, elle l'aime plus que tout. Il représente pourtant un danger pour la société, puisque sa survie implique des meurtres sanglants. Et comme semble l'annoncer un rêve qu'a fait David et qu'il lui raconte innocemment, cette menace pourrait bien s'étendre à l'humanité entière. Doit-elle le protéger ou protéger le monde ? Par ailleurs, le déroulement des faits laisse longtemps planer une certaine ambiguïté : la secte satanique existe-t-elle ou s'agit-il d'une hallucination post-traumatique ? Les vingt dernières minutes dissipent le doute, de manière saisissante.
Les deux principaux atouts du film sont une interprétation de qualité _ en particulier Andi Matichak, très convaincante _ et une mise en scène soignée, qui instaure une atmosphère sombre et envoûtante. Son originalité réside dans un singulier mélange d'horreur et d'émotion, de gore et de tendresse. Néanmoins, ces qualités ne me semblent pas suffisamment exploitées et _ sans mauvais jeu de mots _ le résultat laisse un peu le spectateur sur sa faim. Avec un tel potentiel, une oeuvre plus forte et audacieuse aurait sans doute été possible. Quoi qu'il en soit, "The Son" n'en reste pas moins une belle surprise. A découvrir.