Si on se fie à l’affiche du film, alors que d’autres s’en fichent, The Squall (vf : « La Bourrasque » ou « La Rafale »), ce n’est pas seulement le temps qu’il fit cette nuit-là mais également l’étrangère qui frappa la même nuit à la porte d’une famille dans laquelle régnait une concorde absolue.
Si on se fie à la fiche wikipedia de l’actrice Alice Joyce qui joue le rôle de la mère alors que d’autres, sans fiche aucune, se font leur propre opinion voire « religion », le grand D.W. Griffith lui aurait dit : « Vous me faites penser à une vache », vacherie d’autant plus étonnante pour moi qu’il a donné au premier gros plan d’un visage de femme, dit-on, celui de Lilian Gish, dont je suis un grand fan.
Regardez Alice Joyce dans ce film et dites-moi ce que vous pensez de cette « vache ». Pour moi elle est non seulement très belle mais, qui plus est, parfaite dans le rôle de la mère qui prie la madone pour que sa famille survive aux malheurs qui se sont abattus sur elle.
Et d’où viennent ces malheurs ?
De l’hospitalité d’une famille hongroise en tenue folklorique dans le pays natal du réalisateur, une hospitalité accordée à qui, Alexandre Korda ?
À une bohémienne ébouriffée alors que les trois femmes de la maison sont parfaitement nattées, une étrangère qui supplie qu’on ne la livre pas à l’homme qui la pourchasse, une femme qu’on va cacher dans le sous-sol.
Voilà qui me rappelle immédiatement les juifs traqués par les nazis sous le plancher d’une autre maison dans la première séquence d’un autre film, Inglourious Basterds, sorti quatre-vingt ans après The Squall.
Cette histoire a-r-elle pour message : « Même par une nuit où le vent souffle très fort dehors, n’accueillez pas le Grand Méchant Loup déguisé en toute la misère du monde » ? N’allons pas jusque là mais quand même, n’oublions pas que pour une grande partie de l’Amérique « profonde », à cette époque, Hollywood, c’est peut-être un grand fabriquant de films à faire pleurer dans les chaumières mais c’est aussi l’enfer où des étrangers comme Chaplin ou Korda attirent et abusent votre enfant.
Mais le plus important pour moi est de savoir si D.W. Griffith a vu ce film et, à cette occasion, revu sa vacherie sur Alice Joyce.