Je n’avais pas été très emballé par les deux premiers longs-métrages de Na Hong-jin, “The Chaser” et “The Murderer”. J’ai pour le coup franchement adoré son troisième long-métrage “The Strangers” qui raconte l’histoire d’un petit village dans les montagnes qui est perturbé par une série de meurtres inexpliqués.
Je trouve que la principale réussite de Na Hong-jin réside d’avoir réussi, pour ce qui est de mon expérience personnelle, à embarquer le spectateur sur de fausses pistes. Dès le début du film, les soupçons se portent sur un vieil homme japonais sur lequel circulent déjà de nombreuses rumeurs avec un fond de xénophobie et d’une méfiance systématique sur la figure de l’étranger. Pendant la perquisition (avec une police sud-coréenne tournée en caricature, comme souvent), tout semble l’accuser. Mais en même temps, on doute parce qu’on se dit que c’est trop évident et parce qu’il y a également cette jeune fille très mystérieuse qui donne des indices à la police puis disparaît. Na Hong-jin créé un mystère permanent qui aura plané tout le long du film avec une superbe utilisation du décor du petit village montagneux (surtout durant la nuit) pour créer une atmosphère sinistre, très prenante.
La dernière demi-heure réussit parfaitement à nous mettre dans le doute et en état de tension avec ces trois personnages (le vieux japonais, le fantôme et le chaman) qui sont en action et dont on ne connaît les intentions qu'à la toute fin du film.