9
59 critiques
Elle en pire
Elisabeth Sparkle (Demi Moore) ne fait plus rêver. Son corps se fissure un peu plus chaque jour sur Hollywood Boulevard. Une étoile sur le Walk of Fame qui ressemble désormais aux scènes fanées d'un...
le 10 oct. 2024
Voir le film
La première chose qui m’a frappée, c’est Demi Moore.
Je savais que le film parlait de jeunesse et de beauté, et pourtant, dès les premières minutes, je suis percutée par la sienne. Sa beauté. Son corps. Et tout de suite, je me dis qu’on se fout un peu de ma gueule : comment le personnage de Demi Moore peut-il lutter contre la jeunesse quand elle-même semble défier le temps ? Et pourtant, il suffit de quelques scènes pour comprendre : ce n’est pas la nature qui la condamne, ce sont les hommes. Ceux qui l’éjectent du plateau, la rendent « has been », et finissent par défigurer, métaphoriquement, son visage.
Le personnage de Dennis Quaid m’a écœuré.
Déjà, les gros plans où il bouffe ses fruits de mer me donnent envie de vomir : clairement, ce personnage dégoûte dans tous les sens du terme, de sa façon de manger à ce qu’il prononce, mais aussi dans le cadeau de merde (un livre de cuisine) qu’il offre à Elizabeth, la réduisant à moins que rien. Bref, jusque-là, on comprend le symbole : les hommes bof.
On le sait, le film est une critique acerbe de la manière dont on traite les femmes passées un certain âge. Et la scène où Elizabeth se maltraite devant le miroir est criante de vérité. Combien de femmes ont vécu ce moment d'humiliation, ce moment où l'on se déteste tellement qu'on s'inflige de la souffrance?
Mais ce qui m’a quand même titillée, c’est l’absence de relation d’Elizabeth. Moi, ce que je vois : une femme seule, pas très aimable, qui a probablement été arrogante et désagréable. Pas de mari, pas d’ami(e)s, pas de passions, pas de disques, pas de livres, pas de photos de voyages, rien d’autres qu’elle-même. D’où le grand portrait qui trône dans le salon : elle s’est figée dans le culte d’elle-même, n’apportant rien d’autre que la beauté à la société. Alors, bon, elle croyait vraiment qu’elle était figée à ce point dans le temps au point de ne pas s’occuper d’autre chose que d’elle-même ?? Next… Ou une autre moi-même… En mieux. Personnellement ça me ferait mal, je préfère me focaliser sur autre chose comme la musique (apprendre un instrument par exemple, ou à danser le tango bordel) que de faire sortir de mon dos, une version de moi, plus jeune et plus belle, qui me rappellera combien je suis vieille…
Quoi d’autre ?
La viande. Parce que quand Coralie Fargeat parle de corps, elle parle de bouffe. Et c’est un peu ce que j’ai ressenti devant ce film : que le corps de la femme, c’est de la viande. De la barbaque. D’ailleurs, il n’y a presque plus rien de sexuel (même si les fesses de Qualley sont magnifiques). Coralie Fargeat a le don de savoir sublimer le corps de la femme, et Revenge en témoignera également. Mais ici, on est davantage dégoûtées par une overdose de viande que véritablement excitées (enfin, c’est mon avis).
Les références à Cronenberg et David Lynch pullulent (on sent la fan incontestée) ainsi que certains plans à la Stanley Kubrick, on sent l’artiste inspirée. Certaines scènes sont vraiment dégoûtantes, mais forcément nécessaires pour faire passer le message.
Le son est travaillé et les symboles, peut-être simples (l’étoile sur le trottoir, l’overdose de bouffe, etc…), mais tellement claquants dans la face, que même cette fin un peu nanardesque est incroyable bien menée.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Ma cinémathèque Horrifique, Néon, symétrie et subversion, Ma cinémathèque années 2020 et Flesh & co
Créée
le 27 oct. 2025
Critique lue 13 fois
9
59 critiques
Elisabeth Sparkle (Demi Moore) ne fait plus rêver. Son corps se fissure un peu plus chaque jour sur Hollywood Boulevard. Une étoile sur le Walk of Fame qui ressemble désormais aux scènes fanées d'un...
le 10 oct. 2024
6
3192 critiques
Idée maline que d’avoir sélectionné The Substance en compétition à Cannes : on ne pouvait rêver plus bel écrin pour ce film, écrit et réalisé pour l’impact qui aura sur les spectateurs, et la manière...
le 6 nov. 2024
1
2945 critiques
Bon... Eum...On en parle de ce film ?Non mais je veux dire : on en parle SÉRIEUSEMENT de ce film ?Parce que, bon, moi, à la base, il se trouve que je n'en savais strictement rien avant d'aller le...
le 10 nov. 2024
10
613 critiques
« Ainsi parle l’Éternel : Voici, je vais faire venir sur eux un malheur, dont ils ne pourront sortir. Et ils crieront vers moi, mais je ne les écouterai pas. » Jérémie 11:11C’est par cette menace...
le 17 oct. 2025
7
613 critiques
Une écriture absolument magnifique, avec une plume trempée dans l'or, pour décrire une société gangrénée par le vice...Personnellement, si j'ai adoré la prose de monsieur Wilde, les personnages m'ont...
le 21 déc. 2025
8
613 critiques
Kraken a pris cher dans les notes, et franchement je trouve ça un peu sévère. Alors oui, le scénario ne casse pas trois pattes à un canard : des types motivés par le profit défient les lois de la...
le 20 juin 2026
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème