L'art et la manière de se rendre inutile.

Dans l'énorme boîte à idées à la con de nos chers producteurs hollywoodiens, celle consistant à produire une préquelle au chef-d'oeuvre de Carpenter devait être sur le haut de la pile. Car s'il y a bien un film qui gagne à conserver un certain mystère c'est bien le "The thing" de 1982. Sauf que voilà, cette préquelle est en fait un remake à peine déguisé, les scénaristes se contentant de refaire la même chose que Carpenter mais en moins bien. Drôle d'idée. Confié à un débutant au nom imprononcable (je soupconne un complot visant à nous mettre dans les pattes des gars dont on ne se souviendra jamais du nom, histoire de s'en foutre complètement de qui réalise), "The thing" nouvelle génération se plante dans les grandes largeures, encore plus lorsqu'il tente de substituer une scène marquante (le test sanguin, culte) par une autre (les plombages ! j'en ris encore !). Incapable de restituer l'atmosphère paranoïaque et crépusculaire de l'original, le film de Van Heijningen Jr (non ne tentez pas de prononcer ce nom, c'est humainement impossible, même pour Fabrice Luchini) balance les scènes les unes après les autres sans aucune tension, tentant vainement de raccrocher les wagons au classique de Carpenter mais sans succès, le final à la ramasse dévoilant, s'il en était encore besoin, la vacuité totale du projet. En ce qui concerne les effets spéciaux c'est le même refrain. Alors que les effets de Rob Bottin révolutionnaient le genre et n'ont pas vieilli d'un pouce, offrant des visions cauchemardesques, parodies insensées d'êtres humains, ceux du film-ci, malgré des concepts graphiques prometteurs, commettent l'erreur de rendre la chose cohérente, rabaissés de plus par des CGI omniprésents imposés au montage par la production. Ajoutez à tout ce naufrage, un cahier des charges typiquement hollywoodien (les norvégiens parlent anglais, les américains prennent la tête du groupe...) et vous aurez une idée du massacre. Dommage pour le casting, excellent, mené par une Mary Elizabeth Winstead toujours aussi talentueuse et choucarde.
Gand-Alf
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le 25 sept. 2012

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Gand-Alf

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