Kore-eda je connais pas trop, mais c'est un genre de cinéma qui peut beaucoup me toucher ou pas du tout ça dépend vraiment du traitement (j'ai adoré notre petite sœur par exemple). Donc le voir sortir du drame pour aller vers le thriller/procès, ça m'a beaucoup hypé.
Je trouve qu'il s'en sort très bien dans sa mise-en-scène. La caméra est toujours flottante, la lumière toujours douce, avec des supers plans intérieurs. On ressent vraiment le doute, la douleur mais également l'amour familial, ou sa rupture. Pleins d'effets symboliques sont très réussis (le blocking pour rendre la froideur d'un échange, ou la superposition à la prison qui change en fonction de leur lien, par exemple).
Maintenant certains moments, verbeux et ou oniriques m'ont un peu sortis du truc, et le film est finalement très centré sur la famille encore une fois, avec peu de tension même au moment du procès, expéditif.
Après, le film n'essaie pas vraiment sur ce point là et offre quand même un beau discours sur le système judiciaire, sans donner de réponse. Ici le film réussit à être juste, en nous parlant de morale individuelle et collective, de traumatisme et surtout de l'envie de bien faire, même lorsque ce n'est pas possible. Le regard sur la réhabilitation et la peine de mort est intéressant sans se perdre trop loin grâce à l'ancrage réaliste du procès.
Le film pose aussi la question de l'essentialisme de l'individu (la phrase sur l'injustice du don originel de la vie) dans un système de justice totalement hypocrite, et ça a le mérite d'être clair.
Bref c'est un beau film, parfois un peu long et formel dans sa trame, c'est aussi un beau film sur le mensonge dans son ensemble.