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le 7 mars 2023
SuivreBigger Than Size!
Darren Aronofsky aime suivre les personnages bigger-than-life, jusqu'au-boutiste dans leur volonté d'autodestruction. C'est visible dans Pi, Requiem for a Dream, The Wresler, Black Swan et, bien sûr,...
J'entretiens à propos du cinéma de Darren ARONOFSKY un étrange sentiment mêlé de fascination profonde et d'un je ne sais quoi qui presque me rejette de façon viscérale, cette dichotomie à la fois inconfortable et passionnante, a enfin trouvé son épiphanie à la suite du visionnage de The Whale (2022).
ARONOFSKY réveille en moi des instincts voyeuristes et sadiques qui me procurent un plaisir malsain à l'observer torturer ses personnages. Un constat qui peut aussi valoir pour le cinéma de Lars von TRIER et ces deux cinéastes ont en commun d'après moi, cet art subtil mais trouble d'infliger à leurs protagonistes, leurs héros, un crescendo inarrêtable de sévices tant psychiques que physiques qui les conduiront inexorablement vers l'abîme et la chute. Les deux ancrant systématiquement leurs traitements dans cette part intime de l'obsession du personnage.
Etrangement alors que jusqu'ici je n'avais pas réussi à verbaliser cette impression, c'est paradoxalement alors que "The Whale" apparait comme le moins construit sur ce thème de sa filmographie que cela m'est apparu, notamment en repensant à son film The Wrestler (2008) avec qui il forme un diptyque parfait dans la caractérisation de son héros, mais aussi la construction du récit et ses communs.
Le film est un précis assez perturbant du concept de l'isolement, là encore une thématique chère à notre réalisateur, là encore un point d'ancrage pour asséner à son héros la litanie des sévices qui le mèneront aux termes de ses angoisses, de ses obsessions, de ses pulsions mortifères. Sa relation dissimulée avec ses élèves, sa complicité qui questionne avec son aide soignante, je pense en particulier à son rôle, dévolu par la force des choses, qui font qu'elle est celle par qui l'annonce du malheur arrive. Charlie de par sa corpulence a réduit son univers à une sphère d'influence gravitationnelle centrée sur lui, mais par sa psyché il a également réduit ses relations emprisonnées dans cet univers, à ce centre névralgique d'où rien ne peut s'échapper, Charlie c'est le trou noir à l'échelle humaine. Sans réelle conscience de sa part il entraîne avec lui ceux qui imprudents ont franchis l'horizon des événements.
Toutefois, il y a un autre trait du cinéma d'Aronofsky qui rejaillit une fois de plus ici, c'est une forme de bigoterie, de lecture rigoriste de la notion de pêché, une lecture inquisitrice du bien et du mal, qui me parait trop systématiquement comme un outil de procès par procuration infligé à ses obsessions, car il semble assez évident en y repensant que Darren A. expose d'avantage de lui que de ses protagonistes à travers ces thèmes, et c'est sans doute ma limite avec ce cinéaste, et c'est pour cela principalement que je n'ai toujours pas déballé de son emballage son film Mother! (2017) j'ai peur que cette fois sa vision dogmatique me soit intolérable et brise le lien ténu qui m'unie à ce cinéaste malgré l'étrange contradiction de mon ressenti vis à vis de lui.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Ma collection personnelle par ordre chronologique, Les meilleurs films de Darren Aronofsky, Les meilleurs films de 2022, Les films les plus attendus de 2023 et MON ANNEE 2023 EN CINEMA, FILMS VUS POUR LA PREMIERE FOIS CETTE ANNEE.
Créée
le 17 août 2023
Critique lue 28 fois
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