Énormément hypé par le film dès sa phase de promo, de par le thème abordé qui s’annonce très dur, de par la peine que j’entretiens pour les personnes très grosses, puis parce que Brendan Fraser chope l’Oscar du meilleur acteur et que je me dois de voir ça, de me faire mon propre avis… J’aime être bouleversé et ressentir des choses quand je vais au cinéma, peu importe l’émotion, mais je veux qu’il se passe quelque chose… J’ai été servi !Dans sa globalité, le film est très bon. Certains pourront regretter le manque de rythme, mais je ne pense pas que cela servirait à l’histoire, au sujet. Il faut rentrer dans le film, faire l’effort de rentrer dans la psychologie de CHAQUE personnage et pas seulement Charlie. C’est un film PSYCHOLOGIQUE, chacun a son point de vue sur qui est bien, qui est mal, qui a bien fait et qui aurait du mieux faire… Comme escompté, le film aura beaucoup jouer sur la corde sensible… Jonglant avec la peine, le dégoût, la rage même et la tristesse surtout (quelques moments d’humour)… Je me suis tellement attaché au personnage de Charlie, comment ne pas l’être… On ressent absolument toute sa peine et ce qu’il vit, ce qu’il subit… On s’accroche avec lui bien que l’on ai envie de l’aider, de le frapper à s’autodétruire comme ça, à être trop gentil aussi… J’ai aimé comment, malgré l’apparence qui peut paraître choquante pour une partie des gens, passe un peu au second plan au final. Le film n’est pas une projection sur le poids de Charlie et son apparence mais bien sur la manière dont il est piégé à l’intérieur de ce corps, de son appartement, malgré que son esprit lui, soit libre et volé, comme l’oiseau, comme la mer. J’ai aimé la fascination qu’il a pour le lâcher prise, le fait d’être authentique, d’écrire quelque chose de vrai, au-delà de quelque chose de conventionnel. Je trouve que l’écriture et son job servent vraiment bien ce topic. D’un autre côté j’ai été pris à la gorge par ses scènes d’autodestruction alimentaire, c’est un vrai crève-cœur. Au fond, le film est une course contre la montre où personne ne veut gagner, Charlie est condamné mais l’urgence n’est pas de rigueur et à la fois je ne vois pas comment cela aurait pu être aussi réussi si on l’avait envoyé à l’hôpital se faire soigner. Alors je ne sais pas si c’est l’une des volontés premières, mais ce film m’aura peiné… et pour ma part c’est une bonne chose, j’aime cette sensation autant qu’elle est destructrice… Beaucoup de scènes m’auront crevé le cœur et fait ressentir des choses uniques dans un certain registre (c’est pourquoi je vais au cinéma vous me direz). Mention spéciale au fil rouge qui est la rédaction écrite par sa fille dans le passé, et qui est son juge de paix, la dernière chose qu’il veut entendre avant de mourir, entendre ce récit donne directement une tension dramatique au moment, et beau car ce récit reflète la vie de Charlie, il s’y identifie et on le comprend. Il est différent, dans son discours (selon moi), le chasseur ne sont pas les autres, mais bien lui-même, et il joue également le rôle de la baleine… Il est le symbole de liberté (son esprit, ses souvenirs) et à la fois de destruction (ses pulsions, son corps)…Ce film n’aurait pas pu être aussi impactant sans un jeu d’acteur aussi remarquable… Brendan Fraser en tête de liste, mérite son oscar du meilleur acteur. Toute la hargne et la force qu’il met en place pour jouer Charlie est remarquable. Toute la douceur et l’attention qu’il met est remarquable. Il parvient à faire retranscrire toutes les palettes d’émotion aux spectateurs à travers son personnage… et ce malgré un maquillage et embellissement franchement pas évident. Les scènes de pleur sont déchirantes, ce qui témoigne d’un jeu d’acteur très élevé. Son oscar est vraiment mérité. Les personnages secondaires mais sans qui l’histoire n’aurai pas autant de sens sont également très bons, notamment Ellie et Liz, c’est un peu le diable et l’ange sur ses épaules qui lui soufflent soit la raison soit la méchanceté…Saddy Sinks a vraiment un énorme potentiel pour une très grande, j’espère qu’elle continuera à jouer des rôles avec autant de liberté et de cohérence !Comme le soulignait certains confrères, la réalisation est minimaliste mais au service du sujet, qui est une certaine notion d’enfermement. A plusieurs reprises la réalisation nous met en scène Charlie, pas seulement enfermé de son corps mais aussi de l’environnement qui le compose. Cela est le cadrage en 16:9, les murs, les couloirs, l’écran d’une conférence… J’ai particulièrement aimé les travelling circulaires sur Charlie, si ce n’est pas lui qui apporte l’information dont on souhaite c’est la caméra qui le fait, cela nous permet de le voir sous tous les angles… Les innombrables gros plan servent aussi au récit, apportent une certaine peine et soulignent le jeu d’acteur de Brendan Fraser.La musique joue deux rôles clefs qui marchent très bien. Le premier vient accentuer l’émotion chez le spectateur avec des mélodies assez déchirantes. Le second réside dans les sons un peu effrayants, impactant, souvent mis en jeu lorsque Charlie mange et mange… jouant un effet dévastateur chez celui qui observe la scène. C’est donc réussi.En bref, c’est l’une des très rares fois où je pleure devant un film, devant autant de drame concentrés sur une seule et même personne. Brendan Fraser mérite son Oscar amplement. Le film est à la fois bouleversant et dérangeant, beau et émouvant, où je n’ai rarement ressenti autant de peine pour quelqu’un… Je vous conseille de le voir, c’est nécessaire de ressentir ces choses là…