Dédiée à Robert Altman, la malaisante fresque pétrolière de PTA lui doit heureusement moins que "Magnolia" devait à "Short Cuts" et élève surtout de deux crans, après l'excellent "Punch-Drunk Love", le niveau de son cinéma. Aussi impressionnant visuellement que musicalement (merci les ambiances délétères de Jonny Greenwood qui tape fort pour son premier soundtrack) ou du côté de Daniel Day-Lewis et de sa performance d'ogre capitaliste, "There Will Be Blood" est avant tout l'une de ces histoires de relations codépendantes et toxiques que le cinéaste affectionne, et qu'une étrange alchimie avec Paul Dano, véritable révélation du film, fait fonctionner à un degré de névrose assez indescriptible qui finira dans le sang.