Thunderbolts*, c'était le projet Marvel le plus anodin, voire le plus opportuniste.
Présenté comme un sous Suicide Squad, puis comme influencé par la boîte de prod' A24.
Recyclant des figures de deuxième, voire de troisième plan du Marvel Cinematic Universe, comme la méchante de Ant-Man et la Guêpe, dont plus personne ne se souvient du nom.
Pas grand chose à en attendre, donc, a priori. Même pour le masqué, qui songeait pour la première fois faire l'impasse sur une production Marvel.
La première demi-heure de Thunderbolts* avait tendance à confirmer son absence d'attente. D'un classique absolu pour une œuvre de l'univers partagé, héros sans grand charisme repêchés, passifs parfois gommés, et une écriture toujours aussi lamentable du Red Guardian et du comique troupier qui l'entoure.
Au point que le masqué pensait déjà mettre ce Thunderbolts* au niveau de Deadpool & Wolverine sur le site.
Même si le personnage de Yelena, surprise, était plutôt bien brossé et développé dans son deuil et son sentiment de solitude et d'abandon. En faisant le premier moteur narratif de cette improbable association de bras cassés.
Jusqu'au moment où Bob pointe le bout de son nez. Le masqué s'était fait malheureusement spoiler sur sa présence et son apparition constituait le seul aspect digne d'intérêt pour lui. Car comment le MCU allait-il intégrer un tel personnage sans le dénaturer ?
Si ses origines sont grandement altérées, Bob représente cependant le cœur battant du film, plus que fidèle à l'idée qu'il porte dans les comics. Car Bob est représenté dans toute sa fragilité et ses failles, entraînant le film dans une surprenante bipolarité. Car à l'humour classique du MCU succède, dans ce Thunderbolts*, l'évocation et l'illustration de la dépression et de ses affres. Entre Bob, effacé, incertain, fragile, introverti, et son alter ego noir comme l'encre et sombre comme le néant, lorgnant par instant du côté de The Boys.
Si Bob projette sur la ville ses ténèbres néfastes, cette métaphore se retrouve du côté de cette association déglinguée, dont chaque membre à évolué dans l'ombre de quelqu'un d'autre. Une telle thématique à l'écran ferait presque penser que nous ne sommes pas devant un film du MCU, dans lequel le mal-être ne peut être que bref et passager. Tout aussi étonnant est la nature du climax retenu, retenant sa destruction urbaine et sa pyrotechnie pour privilégier un piège en forme de labyrinthe mental et psychologique.
Là réside sans doute le plus grand tour de force de Thunderbolts* : faire aimer un projet anodin en l'inscrivant sur un terrain où l'on ne l'attendait pas. La surprise n'est donc pas qu'une vue de l'esprit dans l'univers Marvel.
Behind_the_Mask, qui a croisé une équipe (presque) hors du commun.