A première vue, Tinnitus, réalisé par le Brésilien Gregório Graziosi, ressemble à un film de sport, avec son héroïne championne en plongeon de haut vol, qui tente de revenir au sommet après un accident dû à de terribles acouphènes. Entre temps, l'ancienne sportive s'est transformée en sirène pour un spectacle donné en aquarium. Mais les apparences sont trompeuses et le film, qui se complait assez souvent dans une ambiance flottante (aqueuse ?), avance de manière confuse autour de l'idée que le danger n'est jamais aussi insaisissable que lorsqu'il émane de son propre corps. Une allusion directe à la dérive droitière du Brésil depuis quelques années que ne manque pas d'évoquer le réalisateur dans ses interviews, insistant comme ses collègues cinéastes sur le mépris affiché pour la culture ? Probable mais la démonstration est noyée par de nombreux artifices visuels dans Tinnitus (mais pas sonores, ce qui est paradoxal eu égard au sujet du film). Le métrage manque vraiment de simplicité et de clarté, dans une veine trop évidemment auteuriste, qui semble chercher inconsciemment la comparaison avec le cinéma de Kleber Mendonça Filho. Mais force est de constater que les bruits de São Paulo n'ont vraiment pas le même niveau que ceux de Recife, loin s'en faut.