Film curieux, original, parfois beau, troublant, minimaliste, il propose une réflexion sur les problèmes d'identités sexuelles et la transsexualité en particulier. Mais à trop vouloir styliser et intellectualiser en recyclant le mythe de Tirésias pour montrer l'intemporalité du sujet, le cinéaste occulte sa thématique et rend le film difficilement lisible. Si on comprend le choix de deux acteurs pour illustrer la métamorphose physique de la prostituée, on comprend mal celui d'un même acteur pour deux personnages différents (il faut lire les interviews pour comprendre que le kidnappeur et le prêtre n'ont rien à voir). La deuxième partie, ennuyeuse, ne semble avoir de sens que pour véhiculer une idée : ce qui est perçu comme une monstruosité par la plupart des hommes n'est pas condamné par Dieu. Au final, Bonello n'est pas allé au bout de son sujet, il a aussi oublié qu'il s'adressait à des spectateurs. Dommage, car la première partie laissait entrevoir un grand film.