La voiture est le meilleur ami de l'homme et le meilleur amant de la femme : la proposition du début du film est fantastique, notamment par le propos politique qui se laisse découvrir pour peu que le spectateur cherche à dépasser l'ultraviolence qu'on lui balance au visage d'un bout à l'autre du film.
Politique, donc, alors que la culpabilisation environnementale toute occidentale trouve une place de plus en plus prégnante dans les consciences, Julia Ducournau affirme qu'on ne jouira plus que par (et pour) les bagnoles : un pied-de-nez aux écologistes que j'applaudis des deux mains.
Cela se poursuit dans un mouvement que j'ai beaucoup apprécié, lors du changement d'identité du personnage principal. Elle devient un homme pour ne pas être reconnue, certes, mais également pour changer son rapport aux voitures. Affublée de son nouveau statut d'homme et de fils, elle (se) conduit mieux, et ce jeu sur les clichés bien que risqué s'avère efficace — c'est, sans aucun doute, sur ce genre de détails que le sacre à Cannes s'est joué. Bravo Madame, et vroum vroum !