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C’est un refrain désormais bien connu : dès lors qu’un film de genre à petit budget et au concept malin réussit à braquer le box-office au-delà de ses frontières, on peut être sûr de voir débarquer dans les mois qui suivent un remake opportuniste et paresseux, dont l’existence ne repose que sur une bête exploitation du filon mercantile que représente l’œuvre d’origine. Une stratégie ayant visiblement porté ses fruits avec ce Tormento, remake mexicain (pas états-unien pour une fois) d’un long-métrage uruguayen, et succès surprise au box-office de son pays.
N’ayant pas vu le film matriciel, difficile pour moi de jouer au jeu des sept différences. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne peut qu’espérer que ce dernier relève le niveau, tant Tormento appartient à cette catégorie de films d’épouvante visiblement incapable de concevoir la peur autrement que par la compilation des clichés les plus lourdingues et éculés du genre : porte qui claque très fort, néon qui grésille, fantôme qui appelle sa victime pour lui balancer une phrase cryptique d’une voix sinistre (après avoir pris soin de ne rien dire au premier appel et de laisser planer dix secondes de blanc au suivant, l’au-delà n’ayant visiblement toujours pas installé la 5G).
Et comme le réalisateur n’a aucune réelle idée de mise en scène, on habille le tout d’un brouhaha sonore insupportable et permanent. Apparemment, faire imploser les tympans du spectateur, ça reste encore le meilleur moyen de lui filer les chocottes. Ça permet aussi accessoirement de ne pas penser au fait que le film n’a absolument rien à raconter sur son sujet, si ce n’est une sorte de révélation finale présentée comme un twist fracassant, en réalité tellement téléphonée que même une poule sous Tranxène l’aura grillée dès les quinze premières minutes.
C’est pas comme si d’autres long-métrages d’épouvante (au hasard, L’Autopsie de Jane Doe) avaient pourtant prouvé qu’une morgue pouvait se révéler un formidable terrain de jeu pour faire exploser les compteurs du trouillomètre. Maigre consolation au sein de ce gâchis : la présence de Natalia Solián, déjà à l’affiche de l’excellent Huesera, un autre film d’horreur mexicain pour le coup réellement réussi et terrifiant dans son approche du fantastique comme illustration d’un mal-être social.
Créée
le 2 sept. 2026
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