Le cinéma, ce n'est pas de la littérature et ce qui séduit dans les livres de Juan José Saer, cherchant la magie derrière les petites actions du quotidien, ne fonctionne pas pour le 7e art. Voir un homme taper sur un ordinateur ou jouer au foot avec son fils, voir une femme dormir avec son chien, montrer sans apprêt particulier, sans point de vue, n'est pas à proprement parlé intéressant. Ivan Fund rajoute à son non-intrigue un début d'histoire policière à peine esquissé, sans intérêt (sauf celui d'essayer de nourrir artificiellement son récit) et qui, dès lors, fait pschitt.
On regarde poliment et on ne relève la tête qu'à un moment : celui où la femme justement, professeur de français en Argentine, tombe amoureuse d'un de ses élèves qui écrit sur elle, et imagine son quotidien. Le pouvoir des mots joue cette fois, cette poésie du quotidien des livres de Saer, que l'on ne retrouve dans Toublanc au moment où ces mots sont justement dits. Pour le reste, c'est vide et ennui.