Kristofer ( Egill Ólafsson ) se réveille un matin et se rend compte qu'il n'a plus le temps de lutter pour survivre, pendant que le monde, lui, commence à se confiner face à ce nouveau virus qui l'entoure.
Alors, il décide de quitter ce vent nordique, ses fjords natals, pour les brumes de Londres, espérant y retrouver au détour d'une rue un amour à jamais disparu, qui l’a tant aimé.
Miko ( Koki ), une jolie saison qu’il n’a pu oublier durant toutes ces années, son corps parfumé d’une mémoire au goût de l’exil. Hiroshima, terre brûlée, que seul l’amour aurait pu guérir.
On découvre ainsi l’histoire de ce jeune Kristofer, merveilleusement interprété par Pálmi Kormákur Baltasarsson.
Un idéaliste, qui débute en 1969 et décide d’abandonner ses études à la London School of Economics, sous l’incompréhension de ses amis, pour accepter un emploi de plongeur dans un restaurant japonais.
Entre flashbacks et rencontres d’un autre monde, c’est aussi ce regard qu’il pose sur Miko qui déclenchera son désir d’apprendre, de comprendre une culture et sa langue, de s’effacer pour mieux l’approcher à travers sa cuisine, afin de pouvoir l’aimer.
Sans un bruit, très vite, il devient l’un des leurs : Miko, Hitomi, et le père de Miko, Takahashi-san ( Masahiro Motoki ), aux gestes si précis qui lui ont tout appris.
Tout un art culinaire venu d’une pêche où la mer se reflète aux sublimes courbes des montagnes.
La saveur du partage entre l’Islande et le Japon, où la beauté des paysages se prolonge et s’unit d’un rivage à l’autre.
Touch est un très beau film d’un autre temps, de l’Islandais Baltasar Kormákur, loin du pathos et des bonnes intentions.
Rien de fabriqué : ce n’est ni une leçon, ni un produit marketing, mais un dernier rideau qui se lève sur une mémoire enfouie, pour un voyage sans carte ni téléphone, qui ne cesse de sonner pour lui rappeler que ce n’est pas sérieux, à son âge, avec son état de santé.
Mais Kristofer est maintenant parti, dans l’espoir de la revoir, de parler cette langue qu’il connaît et ressent intensément.
Il s’abandonne une seconde fois pour écouter et mieux découvrir ce pays.
Sa curiosité est comme une forme d’amour, pour Miko ( Yoko Nakahashi ), aux gestes d’hier et d’aujourd’hui qu’il recherche, chargés de sens.
Il veut vivre, une dernière fois, chaque éclat du passé. Ce présent qui les a séparés, sans qu’il ne sache pourquoi.
Tant de questions, et des réponses forcément douloureuses.
À présent, Kristofer est un vieil homme heureux, sans crainte, qui n’attend que l’instant de la revoir, pour que son amour continue de vivre dans le temps.