Diarrhée mentale ?

.

Tout de suite, maintenant demain, et dans le siècle qui suit : à laisser hiberner dans le cul de basse-fosse de l'INA !

Qu'est ce qui a pris à Pascal Bonitzer (1946) de nous pondre cette purge à 70 balais ?

Ce n'est pas que j'aie quelque chose contre les seniors, mais ici ça frise la légitime défense !

On a droit à une histoire commençant par des histoires de fesses dans les temps héroïques (sans rien nous en montrer) et dont on se f... éperdument pour en voir un des leurs rejetons émerger dans la haute finance où son père n'a pas laissé que des amis !

Même pas un rôle de composition puisque l'héroïne nasique (qui a du nez en affaires) n'est autre que la fille de.... ben du réalisateur, tiens ! Cette construction bancale serait-elle le fruit du devoir paternel ? Drôle de cadeau car empoisonné avec un scénario pareil qui ne se termine même pas !

Laquelle va se dépêcher de pourrir l'entreprise qui vient de la recruter !

C'est pas beau la reconnaissance ?

Bien sûr, comme il faut bien meubler, elle aura une aventure amoureuse mais ne croyez pas pour autant qu'on voie une quelconque prise de vue à caractère érotique : n'est pas Gainsbourg qui veut !

Bref, une purge vous disais-je du début à la fin... Je plains les bons artistes qui ont dû jouer cette mauvaise farce : hélas, la plupart !

C'était le septième des dix films de Bonitzer dont aucun de ceux que j'ai vus ne me laissera un souvenir impérissable comme réalisateur...

Il explique à Télérama : "Mes personnages sont des intellectuels et je conjure ainsi le fait qu'ils puissent passer pour distants ou antipathiques. Je les place dans des sitiations où ils sont dérisoires, ridicules, et où leur corps se rappelle à eux..."

Comme dans " "Encore", "Rien sur Robert"...

Les réalisations de Bonitzer reposent aussi beaucoup sur les dialogues : il aime surprendre et faire rire, même si l'expression est assez crue ! Assez escalabeux (1) mais efficace ? Quand dans ce film Isabelle Huppert explique : " Je ne serais pas contre être chevauchée par un esprit.... Un esprit avec une bite" la réplique est dite avec désinvolture mais n'est pas choquante car prononcée avec élégance et même si l'actrice est grossière, la formule garde une certaine tenue...

Il reste que ça ne fera pas rire et ne plaira pas non plus à tout le monde ! Le réaliste aime le trivial mais ça présente des risques...

Il y a encore Bacri dans un rôle stupide qui méritait mieux : selon le réalisateur : "Je crois qu'il l'a accepté par amitié car il ne semblait pas très convaincu par son personnage rugueux, amer... mais c'était une occasion inespérée de jouer pour la première fois avec Isabelle Huppert et la scène où ils parlent devant l'hôpital est un grand moment d'émotion..."

La sanction était inévitable : 176 158 spectateurs lors de sa sortie ! Et ils ont bien dû être déçus !

Comme moi !

(1) escalabreux : terme ancien remis au goût du jour par le JDD d'octobre 2025 : courageux et risqué quand on tente d'obtenir quelque chose de difficile, risqué...

.

Arte le 08.10.2025-


Créée

le 10 oct. 2025

Modifiée

le 12 oct. 2025

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