Note personnelle : 4.5/10
Certaines comédies romantiques ont le charme discret d’un bon vin : elles s’apprécient avec le temps, laissent une empreinte. D’autres, comme Tout pour lui plaire, ont plutôt le goût fade d’un soda éventé : sucré, artificiel, et sans la moindre effervescence.
Le film démarre comme tant d’autres : une héroïne en mal de repères, un homme providentiel qui surgit au bon moment, des complications fabriquées à la chaîne. Ce schéma ultra-réchauffé pourrait encore fonctionner s’il était habité d’un minimum de fraîcheur ou d’ironie. Mais ici, rien ne dépasse. Le récit semble figé dans un moule prémâché, déroulant mécaniquement ses rebondissements sans jamais surprendre ni déranger. On devine à la minute près quand viendra la scène de dispute, celle de la révélation, ou l’inévitable déclaration finale – aussi tiède qu’attendue.
Le vrai naufrage du film, c’est peut-être là : dans son incapacité à dessiner des personnages consistants. Lake Bell, pourtant charismatique, est cantonnée à une caricature de trentenaire pseudo-excentrique et vaguement bohème, dont la bizarrerie semble sortie tout droit d’un cahier des charges hollywoodien. Quant au prétendu "love interest", il est d’une fadeur presque fascinante, à croire qu’il a été généré par une IA spécialisée dans les rôles masculins passe-partout.
Leur relation, censée porter l’émotion du film, n’a aucune alchimie. Pas de tension, pas de rythme, pas de conflit crédible. On est censés croire à une histoire d’amour, mais c’est à peine si l’on croit à une réelle interaction entre eux.
Kat Coiro, à la réalisation, semble hésiter constamment entre comédie indie stylisée et romance basique en pilote automatique. Le résultat est un entre-deux frustrant : ni assez audacieux pour séduire les amateurs de cinéma indépendant, ni assez assumé pour plaire au grand public. Les décors sont jolis mais sans âme, les cadrages paresseux, et la lumière plate. Le montage, quant à lui, manque cruellement de nerf : les scènes s’étirent inutilement, sans tension ni respiration.
Le film prétend à la comédie, mais où sont les rires ? L’humour, censé être le cœur battant du récit, s’évapore dans des dialogues plats, des situations téléphonées et un second degré totalement absent. On sent bien ici ou là une volonté de légèreté, de ton pince-sans-rire… mais tout tombe à plat, faute de timing, de conviction ou de plume.
Tout pour lui plaire donne l’impression d’un projet qui aurait dû rester à l’état de brouillon : une idée de comédie romantique griffonnée sur un coin de table, mais jamais transformée en film abouti. À aucun moment on ne sent de prise de risque, de point de vue affirmé ou de véritable identité artistique. Juste une volonté d’occuper l’espace, de remplir 90 minutes, puis de disparaître dans l’anonymat.
Avec sa mollesse narrative, ses personnages inconsistants et sa mise en scène sans relief, Tout pour lui plaire ne parvient jamais à allumer la moindre étincelle. On ressort du film non pas énervé, mais simplement… indifférent. Ce qui, pour un genre fondé sur l’émotion et l’attachement, est sans doute le plus grand échec.
Ma note : 4.5/10, pour quelques plans sympathiques et une bande-son potable. Mais à l’avenir, si je cherche de la romance, je regarderai ailleurs.