Un film Aldrichien ? Sûrement parce que c'est de Aldrich, tiens ! Au lendemain de la guerre, des anciens soldats font ce qu'ils peuvent pour subsister dans un pays dévasté économiquement, c'est ainsi qu'ils s'improvisent 'démineurs' si je puis dire, puisqu'il s'agit en fait de désamorcer des bombes qui n'ont toujours pas explosé et qui sont cachées dans des ruines. Evidemment, comme toujours chez Aldrich, les personnages ne sont pas forcément les meilleurs amis du monde, les tensions et rivalités voient très vite le jour, et pimentent un quotidien déjà fort mouvementé.
Les personnages sont assez chouettes, tout comme les situations, mais on aurait voulu que ça aille un peu plus loin. En même temps, je lis que 30 minutes du film ont été charcutées par les autres producteurs du film, ce qui peut expliquer certaines ellipses cassant le rythme de même que cette fin abrupte. IL n'empêche qu'en l'état cela reste un très bon divertissement.
De plus, Aldrich signe là une mise en scène exemplaire, misant sur la sobriété lors des moments les plus intenses (une recette qu'il utilise souvent en fait), ainsi, les moments de désamorçage sont souvent presque muets, seul le bruit des outils, quelques soupirs et un mécanisme d'enclenchement quand ça se passe mal (aille) permettent d'éveiller l'ouïe. Le casting est bon, quoique Martine Carol surjoue un peu (mais elle est tellement mignonne qu'on lui pardonne). Je ne suis pas un grand fan de Palance qui me paraît souvent jouer mal, comme un fou (en même temps, c'est le mec qui a fait des pompes en direct lorsqu'il a reçu son oscar : https://www.youtube.com/watch?v=AGxL5AFzzMY ), mais ici ça fonctionne assez bien étant donné que son personnage est un peu torturé (et même il est un peu plus sobre ici).
Bref, un bon thriller-film de guerre à la Aldrich mais qui aurait pu être poussé un peu plus loin (et qui l'a peut-être été).