J’ai acheté le DVD de Toute ressemblance non pas pour Franck Dubosc, mais pour Michel Denisot. Un choix qui en dit finalement beaucoup sur ma curiosité à l’égard du film : la fiction m’intéressait moins que le regard porté par un homme qui connaît la télévision de l’intérieur.
S’il fallait citer l’homme de télévision que j’admire le plus, Thierry Ardisson occuperait probablement la première place. Michel Denisot viendrait juste derrière. Car la télévision, Denisot la connaît intimement. Il y a passé des décennies, explorant le divertissement, le sport et l’information, jusqu’à devenir l’un des visages les plus familiers du petit écran français.
Avec Toute ressemblance, il livre donc forcément un film nourri de son expérience, de ce qu’il a observé, vécu ou simplement deviné derrière les coulisses. L’intrigue s’intéresse à la guerre de pouvoir entre le présentateur vedette du plus grand journal télévisé de France et le nouveau directeur des programmes. Deux hommes prêts à toutes les manœuvres, aux coups bas et aux manipulations pour prendre l’ascendant sur l’autre.
J’avoue pourtant avoir abordé le film avec beaucoup de scepticisme. Je l’ai même repoussé plusieurs fois avant de finalement me décider à le regarder. Et la surprise est réelle : Toute ressemblance n’est certainement pas un grand film, mais il possède suffisamment de qualités pour mériter qu’on s’y attarde.
Le film évoque parfois l’univers de Frédéric Beigbeder : un monde où règnent l’ambition, le cynisme et les excès. On y croise une certaine cruauté sociale, des call-girls, de la drogue, des personnages sans véritable boussole morale. Présenté comme une comédie, le film est surtout une satire assez sombre du milieu télévisuel, un univers où l’image compte davantage que la vérité.
Le principal défaut vient sans doute de son rythme. Le film va vite, parfois trop vite. Certaines scènes auraient gagné à être développées, à laisser davantage de place aux personnages et aux situations. Pourtant, l’ensemble conserve une énergie appréciable. Le casting fonctionne parfaitement, les nombreux caméos apportent une touche amusante, et Michel Denisot semble porter son sujet avec une forme de sincérité.
Visuellement, le film n’est pas particulièrement séduisant, loin de là. Mais derrière cette réalisation parfois fade se cache une vraie envie de raconter les coulisses d’un monde qu’il connaît parfaitement. Toute ressemblance n’est donc pas un chef-d’œuvre, mais une satire imparfaite, curieuse et finalement plus intéressante que ce que son apparence pouvait laisser croire.