On aurait pu croire que Train Dreams est un long-métrage réalisé par le mystique Terrence Malik, tant le traitement du sujet et de l’image, fusionnent incroyablement bien, pour donner naissance à une sorte d’odyssée onirique, empreinte de poésie et de douceur.
Mais il ne faut pas s’y méprendre, le récit de Train Dreams est d’une rare violence psychologique, presque insoutenable par moment ; tantôt évoquant le meurtre, tantôt suggérant la disparition des êtres chéris et aimés. L’histoire suit ainsi donc Robert Grainer, bucheron/cheminot de son état, qui se retrouve transporté dans cette aventure un peu malgré lui. Vient enfin le deuil et la solitude, comme seul remède à la douleur insatiable.
Train Dreams évoque de tristes thèmes, d’autant plus forts, qu’ils sont amenés avec subtilité et justesse. À l’instar des sujets abordés par Denis Johnson dans sa nouvelle, Clint Bentley (le réal) inscrit également ces sujets sensibles en filigrane, tout au long du film. En cela, l’aventure portée à l’écran par Clint, est terriblement pudique et touchante.
Et puis la voix off très charismatique, n’est pas étrangère à cette immersion rarement vue dans un film, en tout cas ces dernières années du moins. On se croirait en pleine lecture d’un roman réaliste – son ADN originel ne trompe donc pas.
Et puis cette voix rauque et basse, renforce le récit dans son ton tragique. Une tragédie d’ailleurs quasi grecque, d’un homme qui traverse et contemple sa vie à différentes époques, perdant peu à peu la main sur son propre destin. Probablement quelque chose qui nous ont parlé à tous, un jour ou l’autre.