Début du 20eme siècle. La vie de Robert, gentil bûcheron, raconté en voix off et images de carte postale. Le film est une collection de vignettes nostalgiques à une époque où l’homme vivait en harmonie avec la nature. Le directeur de la photographie a fait du bon travail, mais pas le réalisateur. Absolument aucune poésie ne se dégage de sa mise en scène et pourtant il essaye. Avant l’événement tragique au milieu du film il ne se passe strictement rien. Et j’adore quand il ne se passe rien (je viens de voir l’Eclipse d’Antonioni). Mais là il faut se taper le quotidien et les discussions de bûcherons qui disent des choses importantes sur la vie (le temps qui passe tout ça). On nous dit bien que le pauvre Robert n’a jamais connu ses parents (le rôle le plus express de Clinton Collins Jr, l’acteur le plus sous employé d’Hollywood), et il a été traumatisé par un acte raciste envers un chinois. Eh oui, Robert est l’américain blanc moyen le plus gentil de l’Idaho, même son meilleur pote est un indien. Il ne sera d’ailleurs pas traumatisé par l’exécution froide de l’un de ses collègues qui s’avéra être raciste. Il est marié à La femme idéale, qui l’attend sagement quand il part des mois et s’occupe de leur petite fille dans leur maison en bois au bord d’une rivière. Tout ceci est tellement niais que ça en devient exaspérant.
Et puis l’événement tragique qu’on voyait à des kilomètres. Une scène totalement irréaliste où notre bon Robert se promène au milieu d’un brasier. À partir de là le film va au delà de l’exaspération, il commence à énerver. Malgré un Joel Edgerton touchant, le réalisateur ne peut pas s’empêcher de nous asséner à intervalle régulier des flashbacks plus ou moins long, le pire étant celui où il voit sa femme et sa fille mourir, d’une putasserie abjecte. C’est mauvais, et avec le talent d’un tel chef opérateur, c’est d’autant plus énervant. Robert entend leur voix dans la forêt et nous le dira de vive voix 10 minutes plus tard au cas où on ait pas compris. Et ça finit comme ça a commencé, tiède, sans émotion, avec une voix off qui nous explique ce que le personnage ressent.
Le cinéma est dans un tel état que la plupart des gens se satisfont de cette daube. Même notre Sgt Pepper national lui attribut un 8. Réveillons nous et ne nous laissons plus avoir par ces procédés de mise en scène grotesques.