C’est une histoire simple, contemplative presque, qui parle de deuil, de solitude, de résilience, et de la quête de sens dans la vie. L'homme mène une vie normale pour son temps, avec son lot de bons moments, de dangers et de tragédies, et je m’attendais à "quelque chose" à la fin. Je ne sais pas quoi, une sorte de révélation, peut-être.
La seule qu’on obtient au final, c’est cet homme qui soudain voit défiler dans son esprit tous les moments importants de sa vie pendant que l’avion dans lequel il se trouve, fait une boucle, après quoi “enfin, il se sentit connecté à tout cela.” (Je suppose qu'il veut dire "au monde").
Tout le film mène à ce moment… et c’est franchement pas terrible. C'est juste un cliché. J'ai imaginé (espéré) qu'à l'automne de sa vie il se serait mis en couple avec Claire, la dame du poste de garde, et cette nouvelle histoire d'amour sereine aurait tout naturellement mené à sa révélation de "connection avec le tout", lui permettant d'enfin faire le deuil de sa famille, et de vivre en paix avec lui-même et le monde.
Au lieu de cela, on aura droit à un looping. Enfin bref.
Alors aussi, la musique triste et mélancolique omniprésente, m'a à plusieurs reprises sorti du film.
Je n'ai pas compris pourquoi il est donné tant d'importance au Chinois assassiné. La culpabilité ? Il n’aurait de toute façon pas pu le sauver. Le trauma ? Mais à son époque, à son âge et dans son type de boulot ce n'est probablement pas la première fois qu'il assiste à ce genre de "spectacle".
Et pourquoi le titre "train dream" ? Est-ce qu'il est question de tous ces rêves, visions et réminiscences qu'il emporte avec lui tout au long de sa vie, dont le train serait une métaphore (le train = la vie; les wagons = l'ensemble des souvenirs qu'on emporte et qui constituent notre mémoire ? Je sais pas). En tout cas j'imagine que ces rêves sont importants vu qu’ils en ont fait le titre du film
Mais à part ces réserves :
Les acteurs sont très bons. Joel Edgerton n’a que ici deux expressions faciales — triste et très triste — mais il les exploite à la perfection. L’actrice, Felicity Jones, est parfaite, et c’est un plaisir de revoir William Macy, ça m’a rappelé l’époque de Shameless.
La lenteur du rythme offrait une parenthèse contemplative bienvenue au milieu de tous ces films et séries ultra speedée qu'on nous fourgue au même rythme. C’était vraiment émouvant, même avec la musique omniprésente.
Le récit évoque aussi en passant le racisme, la déforestation, et la façon dont les hommes deviennent obsolètes (la scène où il essaie en vain de démarrer la scie électrique). Mais ce n’est jamais asséné de manière lourde. C’est subtil, mais c’est là.
Donc, le film, très bien, mais avec quelques faiblesses.