Mais wow, on est sur France 5 ? Sans déconner, c’est quoi ces paysages de fou malade et cette jolie photographie ? Train Dreams (le début, en tout cas) donne envie de tout plaquer pour aller vivre dans la nature, en mode Walden ou La Vie dans les bois. Alors ça, c’est ce que j’aurais écrit si je n’avais vu que le début.
En vrai, le film dépeint la vie de galériens de l’époque qui construisaient les chemins de fer. Le personnage principal est magnifiquement interprété, avec ses yeux bleus qui contrastent avec la forêt et la brume. Ici, on travaille dur : la caméra nous le montre bien, avec des plans rapprochés tantôt sur les tâches à accomplir, tantôt sur les visages des bûcherons.
Mais surtout, on comprend, par les plans en contre-plongée, que travailler est dangereux et que le danger vient d’en haut. On ne sait jamais à quel moment un arbre peut vous tomber sur la tête (pas la vôtre hein, mais dans le film quoi). La classe ouvrière, la vraie, la dureté de la vie, avec toute une ribambelle de personnages qui souffrent et des histoires affreuses : c’est poignant. Le personnage principal semble se fondre littéralement dans le décor.
Le film aborde le deuil, la reconstruction et, finalement, la question centrale : après un drame, la vie vaut-elle vraiment la peine d’être vécue ? On est un peu dans Rebuilding, où les personnages vivent en communauté et s’aident entre eux, mais ici le personnage principal est aussi souvent seul que celui d’On the Road. Pas le choix quand on est un outcast en quête de sens : la solitude semble inévitable.