Sam Witwicky est un lycéen qui cherche désespérément à acheter une voiture. Son père lui offre un modèle de piètre qualité, mais qui se révèle assez étrange. La radio semble douée d’une vie propre et surtout, la nuit, la voiture roule toute seule. Sam découvre alors que cet engin n’est pas du tout un véhicule et qu’il est au centre d’une guerre cosmique.
Ah, Transformers ! Les fabuleux jouets de notre enfance, et les tout aussi fabuleux dessins animés ! Ce monde très original a donné naissance à une horde d’histoires déclinées dans de nombreuses variations. À l’ère des effets numériques, il était très tentant de mettre ces rêves d’enfants en images. Sûr que les gamins des années 80, trentenaires dans les années 2000, allaient se jeter dessus. Du coup, Spielberg, la Paramount Pictures et même Hasbro, l’entreprise qui a créé ces jouets, se sont précipités sur la production.
La réalisation est confiée à Michael Bay, un auteur qui fait dans le blockbuster (Rock, Armageddon ou Pearl Harbor). Idem, l’histoire est écrite par Roberto Orci et Alex Kurtzman, deux scénaristes pour la télévision qui ont participé à Xena, la guerrière et Jack, le vengeur masqué. Soyons clairs, ce ne sont pas les plus talentueux des artistes.
Effectivement, Transformers est, comme le dessin animé de l’époque, un gros spot de pub pour vendre du jouet. Il faut donc un scénario clair, prenant, mais simple, des éléments attendus et un happy end. Bon. On a donc une interminable introduction, une intrigue expliquée, réexpliquée, puis rappelée au moins 4 fois, l’enquête qui est un parcours fléché (avec de gros panneaux), des coïncidences et autres raccourcis (mention spéciale au fusil à pompe prêt à l’emploi avec balles infinies), etc, etc. Une des erreurs assez rude de la réalisation est la volonté de dramatiser les scènes. Ainsi, pendant que des bidasses tirent au Milkor sur les robots, on des violons larmoyants au lieu d’un bon gros metal (alors que Linkin Park et Disturbed ont pourtant participé à la bande-son). C’était maladroit.
Niveau casting, le personnage principal est joué par le très antipathique Shia LaBeouf qui n’avait fait que quelques seconds rôles jusque là. Il campe un gamin détestable qui marchande sur tout, sans scrupule ni vergogne. Maladresse des scénaristes, du réalisateur ou de l’acteur ? Le résultat est horripilant et je regrette qu’un Decepticon ne lui ait pas écrasé la tronche. Ensuite, la bonasse est jouée par Megan Fox. Sa plastique, certes sublime, est refroidie par son regard glacial. La dureté de cette actrice la rend assez repoussante et ses interactions avec Shia LaBeouf ne sont absolument pas crédibles (alors qu’ils ont pourtant eu une liaison à l’issue du film). On a bien sûr le hacker surdoué geek, obèse et puceau, l’experte elle aussi géniale et hypercanon (en version blonde, cette fois), le comique qui joue le rôle du bouffon et des personnages secondaires qui s’efforcent d’être sérieux dans une adaptation de dessin animé.
Mais y a les robots. Voir à l’écran des robots transformables hauts comme une maison est sublime et fait vibrer tous les enfants, les petits ainsi que ceux qui sont devenus adultes. Les images sont époustouflantes, de même que les animations. Le mouvement des machines, leurs transformations très dynamiques et les affrontements dantesques sont éblouissants. La fourberie amusante des Decepticons est opposée à la gaucherie chevaleresque des Autobots et provoque des scènes hilarantes. De même, les bastons de ces titans sont sublimes à défaut d’être réalistes. Ce sont eux les véritables héros du film, et de loin les meilleurs acteurs.
Techniquement, Transformers est un mauvais film. Pauvrement scénarisé, maladroitement réalisé et mal joué, il n’a pas grand-chose à offrir. Mais voir des robots transformables à l’écran est un tel plaisir qu’on encaisse sans broncher les gags potaches, les répliques à deux balles et l’insupportable ego de Shia LaBeouf. C’est si chouette qu’on réitérera sans aucun doute avec la suite. Au final, le pari de Spielberg et des autres actionnaires a été gagné, pour notre plus grande joie.