Perdu dans les rêves brumeux que seule une toxicomanie avancée pourrait justifier, je fus pris du besoin ardent de relancer ce vieux thriller dont je n'avais que de faibles souvenirs. Bien mal m'en a pris, ma mémoire, enfouie sous des tonnes de reliquats de souvenirs dont je souhaiterais bien pouvoir me débarrasser, c'est avec grande surprise que j'ai redécouvert ce carnage cinématographique.
Tout en étant profondément représentatif d'une décennie riche en thrillers divers, le film d'Irwin Winkler parvient à être identique à tout ce qui l'a précédé et tout ce qui a pu suivre, sans jamais parvenir à susciter le moindre intérêt ou la moindre tension. Thriller politico-complotiste qui fait de notre héroïne la dépositaire d'une malversation à l'échelle nationale, où un programme informatique permet à des cyberterroristes de noyauter le système informatique de toutes les agences du pays et autre système informatique en tout genre.
De ce point de départ, vu tant de fois il va s'ensuivre une suite de pérégrinations aux rebondissements faisandés, l'héroïne n'a de cesse de suivre un assassin mystérieux qui provoque l'effroi de par son absence de charisme, parvenir à faire passer Sandra Bullock pour une actrice oscarisable n'est pas un mince exploit. En faisant de son personnage principal un être perdu à l'identité effacée aurait pu être intriguant, si le récit n'avait pas pris la peine d'absolument tout faire comprendre au spectateur et par la même nous faire subir l'action plus que la vivre à travers le regard de Bullock.
Personnage, qui ne deviendra proactif, qu'à 20 min du terme d'un métrage qui m'a donné plus d'une fois envie de me jeter contre un mur en signe de contrition contre tous les bons films qui m'attendaient et que j'ai décidé de savamment ignoré, il y a des péchés que l'on se doit d'expier et ce visionnage en fut ma première étape. Le climax voyant Bullock précipiter l'assassin du haut d'un pont d'un coup d'extincteur au ralenti me donnerait presque envie de réhabiliter 300 du maître gourou des virilistes enrobés du net. Si, par ces quelques mots je peux vous éviter de reproduire mes erreurs, ayez la bonté de m'en remercier, je veux rendre ces 2 heures utiles, je veux pouvoir oublier l'affront oculaire et auditif, car je n'ai pas mentionné le score atroce de Mark Isham qui à réduit en miettes mes derniers espoirs pour une année à peine débutante.