Trauma
6.6
Trauma

Film de Dan Curtis (1976)

Support: Bluray


Remarqué pour son travail sur la série Dark Shadows, le réalisateur Dan Curtis va se faire une petite place dans le genre alors en plein boom de la petite série B horrifique pour la télévision, avant de pouvoir faire ses armes sur le grand écran avec ce Burnt Offerings qui nous intéresse aujourd’hui.


Et ses racines de faiseur à petit budget se ressentent à travers toute l’ADN du métrage qui conte la promesse d’un havre de paix rural qui force la main à des citadins en état de fuite, celle d’un quotidien chaotique peuplé du brouhaha de la métropole, et d’une famille qui chancelle dans l’ordinaire banalité et les impasses professionnelles, où la communication se fait difficile, la cellule prête à éclater. Les Rolf se voient offrir la possibilité d’habiter un manoir reculé pour l’été, et voient les doutes qui peuvent les assaillir à la rencontre des inquiétants propriétaires s’envoler lorsque le prix s’avère dérisoire.


Une affaire de maison hantée donc, mais thématiquement plus proche du Housu de Nobuhiko Ôbayashi que de Amityville. Chacun sombre dans sa part de folie, comme associé à un pan de la demeure qui vient faire vibrer les pulsions les plus noires avant de les dévorer figurativement. Une approche louable donc, qui pourrait laisser préfigurer une angoisse insidieuse.


Mais c’était sans compter sur des choix des plus douteux. A commencer par le casting de Karen Black qui est tout bonnement mauvaise. Ou par cette manie de couper les scènes de tension alors que l’action est en cours et que la musique (banale bande horrifique à base de violons crescendo, pondue par Bob Cobert, fidèle de Curtis sur ses téléfilms) est au milieu d’une note, incomplète elle aussi. Il y a bien cette image d’un chauffeur blafard au sourire carnassier qui vient ramener les brebis égarées à la bergerie pour mieux les livrer au loup. Mais même cette figure est partiellement gâchée par l’usage d’un filtre photo douteux.


Burnt Offerings est in fine longuet, peinant à séduire par son esthétique, et déroulant un plan narratif cousu de fil blanc. Il faudra bien attendre le dernier quart pour que cela s’active un peu, malgré une scène de noyade filiale qui aurait pu marquer, ou un quasi-viol conjugal qui n’a pas été osé. Des idées pas abouties, perdues dans une réalisation bien trop plate, lorsqu’elle n’est pas simplement laide.


Créée

le 11 juin 2025

Critique lue 8 fois

Frakkazak

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