Il est des films dont ils sont tellement brouillons et bourrés de petits défauts qu'on pourrait en dire du mal, et dénigrer l'amateurisme, mais dont l'amour du cinéma bis et la générosité balancée à l'écran nous réconforte, et on fini par y prendre un pied énorme. TRAUMATIKA est de ces films.
Dans une baraque miteuse à l'abandon, un garçon est sous l'emprise de sa mère possédée par une force démoniaque.
Ce film américain, mais par un réalisateur français, porte bien son nom. Il y est question de traumatismes, au pluriel, vécus par divers personnages liés par un récit se déroulant sur plusieures décennies, mais aussi du traumatisme subit par le spectateur peu aguerri qui tombe sur cet objet filmique purulent.
TRAUMATIKA, malgré tous ses défauts techniques ou de narration, s'adresse en premier lieu à un public d'initiés, adepte de violence, de terreur et d'éclaboussures en tout genre, quelles soient d'hémoglobine, ou bien de mauvais goût.
Une pellicule outrancière, où l'on parle de possession démoniaque donc, mais aussi de problèmes familiaux très sérieux et assez 1er degré, d'exploitation du malheur des autres, de psychologie et de guérison (ou pas) d'un traumatisme d'enfance.
Tout ça dans une mixture chaotique qui pousse tout les curseurs de l'horreur brute à fond, quitte à parfois tomber dans des clichés, mais qui déborde de générosité à tout les niveaux.
Sans réinventer le genre, TRAUMATIKA, réussi la prouesse de mélanger plusieurs sous-catégories horrifiques, tout en gardant une tension continuelle tout au long du récit, grâce à un montage frénétique et rentre-dedans, à la limite de l'hystérie, sans pour autant devenir indigeste.
Ça hurle, ça saigne, ça défouraille dans tout les sens pendant 1h20, et les moments d'accalmie font astucieusement monter l'angoisse et la terreur, en attendant la prochaine scène choc.
Les principales victimes étant des enfants, notre sensibilité est mise en alerte, et ce, dès les premières scènes du film, qui font suite à une intro rendant directement hommage au big boss du genre: L'EXORCISTE.
Oscillant constamment entre une terreur très premier degré par la gravité de la situation, et des scènes gores grand-guignolesque dignes d'une série B qui se moque de son auditoire, TRAUMATIKA, joue entre 2 tableaux radicalement opposés, ce qui nous sort de notre zone de confort, un peu à la manière dont l'avait fait l'excellent DEADSTREAM, et sa maison hantée.
Le ridicule de certaines situations, et d'une mise en scène qui joue sur l'exagération, nous invite au rire, mais d'un autre côté, le drame qui se déroule sous nos yeux est tellement effroyable, qu'on est vite ramené dans nos retranchements.
TRAUMATIKA, une œuvre bâtarde, crue, hargneuse, qui n'a pas peur du ridicule et qui va jusqu'au bout de ses idées, quitte à perdre du monde en route.
La méchanceté de son scénario n'a d'égal que le plaisir coupable qu'on éprouve à la fin du visionnage, rassasié par la frayeur qu'on vient de se prendre dans la tronche.
Un film parfait pour Halloween.
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