Si l'on est adepte de polars d'action à la "Heat" (référence ultime du genre), on trouvera probablement son compte avec "Triple 9", qui propose son lot de personnages borderline et de séquences burnées ; même s'il restera à la fin de la projection un sentiment de frustration, à l'instar d'un dénouement qui apparaît presque bâclé.
Pour son sixième long-métrage (le troisième à Hollywood, après "Lawless" et "The road"), l'australien John Hillcoat s'offre un casting de malade, composé de comédiens de la trempe de Casey Affleck, Kate Winslet, Chiwetel Ejiofor, Aaron Paul, Woody Harrelson, Anthony Mackie et j'en passe.
Problème inhérent à cette distribution XXL, chacun des nombreux protagonistes du récit se trouve plus ou moins survolé, ce qui ne facilite évidemment pas l'empathie du spectateur, qui finit par se foutre un peu du destin contrarié des uns et des autres.
On ne s'ennuie pas, on vibre même à l'occasion d'une poignée de scènes spectaculaires (le braquage initial, l'assaut des policiers...), mais le film ne s'avère pas franchement marquant non plus. On aurait espéré une plus grande ambition générale dans cette tentative de fresque urbaine tragique, à l'image du film de Michael Mann, encore une fois.
En revanche, on se réjouit de la façon dont Hillcoat met en scène la ville d'Atlanta, théâtre des affrontements entre flics corrompus, voyous locaux et mafieux russes hébraïques.
Une vision bien sombre de l'Amérique moderne, pas franchement originale et sans doute un brin excessive, mais toujours percutante, à l'image de cet affichage électronique annonçant la présence de "zombies".
Au final, "Triple 9" ne trompe pas sur la marchandise, mais ne s'élève pas nettement au-dessus de la mêlée de ses concurrents, plombé par des personnages à peine esquissés, rendant un peu dérisoires les enjeux d'une intrigue par ailleurs sans grande surprise.