En montrant le destin rocambolesque et la fortune changeante d'un coiffeur polonais juste après l'effondrement du communisme en Pologne, Kieslowski fait le constat de l'horreur du passage au capitalisme, appauvrissant considérablement la population et soumettant le pays à la pure prédation. C'est fort et iconoclaste pour l'époque qui chantait les louanges du libéralisme triomphant. Une fois relié à Bleu (notamment avec le caméo de Julie, reliant le scénario des deux films), Blanc prend un sens plus fort encore : celui d'une Pologne vouée à rejoindre une UE dont l'idéal affiché n'est que mensonge et misère. La trilogie semble évoluer vers un constat d'absence de sens et de misère généralisée dans le contexte de la fin de l'histoire et de victoire du capitalisme. Et c'est extraordinaire.