Voici une histoire cruelle et pleine de bons sentiments, d’un côté, et de vilénie de l’autre. Les souffrances de Pierre, le personnage principal, sont évidentes et on ne peut que compatir à sa détresse. Il y a un côté sympa dans ce film à défendre une victime contre son bourreau c’est sûr ! Mais cela ne suffit pas, comme certain l’affirment, à faire un bon film : Il y a, me semble-t-il, trop d’erreurs psychologiques et d’incongruités dans cette affaire.
Et malgré cela le scénario n’est pas bien original et fort prévisible, à quelques détails près. Et ce sont ces détails qui nuisent à l’oeuvre : attitude du fils et évolution du prédateur sont improbables. Pour en avoir subi, je peux vous dire que ce type de brimades sont le propre de véritables pervers et ce comportement n’est pas le résultat d’un aléas de la vie, mais un projet bien clair et bien établi dans la tête du prédateur de nuire à autrui pour le faire souffrir et en jouir : il est est le propre de malades qui ne se retournent pas comme une crêpe pour devenir des agneaux comme dans ce film. Pour moi le film passe carrément à côté du sujet pour cette raison.
Par ailleurs les acteurs tiennent leur rôle correctement avec un + pour la femme de Pierre et un – pour Fred qui n’est pas assez effrayant tout en en faisant des caisses. La photo n’a rien de merveilleux, les dialogues non plus. Les scènes d’usine sont trop répétitives et ressemblantes. En fait on a vite l’impression d’être dans un téléfilm assez moyen et c’est l’ennui qui gagne, au fur et à mesure, devant les invraissemblances du scénario. Vous voilà prévenus...