Tron par Le Blog Du Cinéma
Les ordinateurs ont quelque chose de terriblement flippant. Ils sont plus intelligents que nous, connaissent tous nos secrets, et nous sommes arrivés à être dépendants d'eux, tandis que la réciproque n'est pas vraie. On trouvera toujours des petits malins pour dire que leur vie n'en serait pas affectée s'ils se débarrassaient de leur PC, mais il suffit de réfléchir deux secondes à la question pour se dire que cette peur, cette suspicion, n'est pas infondée. Le plus flippant, et de loin, c'est qu'à moins d'être ingénieur, le fonctionnement exact des systèmes informatiques échappe complètement au clampin lambda ; savoir ce qu'il y a dans la « tête » d'un ordinateur prend alors la forme d'un questionnement mystique d'un genre nouveau, formulation des cauchemars d'un savant craignant d'être bouffé par sa créature.
Shirow Masamune s'est penché sur le sujet, et il en a fait Ghost In The Shell ; Ryutaro Nakamura en a fait le troublant Serial Experiments Lain et, bien sûr, les Frères Wachowski en ont fait Matrix... des œuvres matures, aux thématiques fortes.
Longtemps avant eux, cependant, les studios Disney s'étaient aussi intéressés au sujet, en produisant Tron, pour le meilleur et pour le pire. Surtout pour le pire, en fait : aujourd'hui, il n'y a que les geeks entre trente et quarante ans, qui ont réellement vécu l'arrivée de l'informatique mainstream et son évolution-éclair, pour dire que c'est un film culte. Tous les autres le trouvent juste ridicule, kitsch, ou pathétique. Quand ils n'en ont pas tout simplement jamais entendu parler [...]