8
le 15 sept. 2014
SuivreOn a vraiment vu le même film?
Quand je vois toutes les mauvaises notes de ce film je ne comprends pas... Le scenario est classique et déjà vu? Non, des films de mafieux français "réaliste" il n'y en a pas autant que...
Le postulat de ce film est de mettre en scène des psychopathes et des narcissiques mafieux dans le style "cinéma vérité". Ce prétexte sert de support pour un festival de dépravation et de déprédation vus sous un angle voyeuriste. Voilà qui ferait en theorie un sympathique "guilty pleasure", mais malheureusement cet ersatz de film est ce qu'on appelle "une première couche" : quand un réalisateur apporte un projet à un producteur sous forme d'un traité écrit en deux jours, avec l'accord d'un acteur célèbre de jouer le rôle principal. Dans cet état, le script n'est catégoriquement pas présentable. Quant au reste, on pourra prendre un certain plaisir cruel à se moquer de ce navet idiot et inepte dont les auteurs se prennent bien trop au sérieux. Détails ci-dessous.
Le scenario, est un pot-pourri de toutes sortes de scenes de divers films de gangsters (!), et parvient en 100 minutes a empiler la totalité des clichés les plus naifs du genre. Il est évident que ces auteurs ne conaissent du milieu que ce qu'ils ont vu a la television, donc ne cherchez aucune vraissemblance dans cette bouillie de clichés ignorants.
Le processus narratif, d'un amateurisme navrant, n'entretient pas de tension; l'intrigue, au lieu de prendre en intensité, se dégonfle au fur et à mesure de son déroulement (faut le faire!). Les pivots ne sont jamais amenés intelligemment, et les scenes sont toutes maladroitement construites. Les deux seules scenes fortes du film se déroulent toutes deux au premier acte (faut vraiment le faire!) et sont de toutes facons problematiques: une scène de torture soudainement "gore" style film d'horreur qui ne sert ni n'aboutit à rien en termes de story-telling, et fait completement incongrue dans un film qui ensuite oublie entierement ce parti-pris. Elle est stupidement accolée a l'autre moment-clef du film, une fusillade classique sur un parking, que le réalisateur a par ailleurs réussi a incroyablement rater.
C'est le niveau "fac de cinéma glandouille" sur toute la ligne. J'imagine leur scéance d'ecriture:
"Et si on prenait la scene de torture de "Casino"?"
- heu gneugen ahah ouaiis trop bien! celle ou Il lui fait gicler un oeil? nous on lui arrache les deux yeux alors ahaha hinhin gnonghon huhu
"ouais trop fort! et pis celle ou il attrape les deux fraudeurs! on la prend aussi hihihi..."
- areu areu et aussi la fusillade de "Heat", on filme ca sur le parking du Lidl! ca ressemble un peu!
"ouaiih! genial gneugneu hihi et faut qu'on shoure un peu de Pacino dans scarface aussi!"
- tiens, bien vu! notre public est hetero (pas comme nous), au moins on est surs de faire viril avec ca!
Ils n'ont quand meme pas osé, que je vous entend vous exlamer. Et bien rappelez-vous que "les cons ca ose tout" (pour reprendre une réplique d'un vrai bon film de gangsters auquel ces insipides normies du nouveau cinema Francais n'ont heureusement pas touché). Une autre gaffe impressionnante de ces apprentis cinéastes de génie: ils envoient le personage de Phillipe Caubert aux oubliettes A LA MOITIE DU FILM (!) sans se rendre compte qu'il avait pris par defaut la place de protagoniste principal! Que font-ils donc? Ils reprennent le personage de Magimel comme nouveau "lead" en essayant de lui trouver a partir de la un nouveau "MacGuffin" boiteux! Il y a la un monumental defaut de QI d'ecriture. Comment des gens si ineptes arrivent-ils a faire des films?
Le casting: oui c'est bien le Caubert de La Gloire de Mon pere et Le Chateau de ma mere (LMAO!). Encore une idee geniale de nos apprentis cineastes completement abrutis: prendre Caubert pour jouer le Sarface francais! Le grand ecart est hilarant. Mais ceci dit, Caubert est bien le seul talent appreciable dans ce film, alors il tient TOUT LE FILM sur ses seules epaules, car etant a contre-emploi il surjoue tellement fort qu'il en devient l'attraction la plus distrayante. en tout cas, il m'a bien fait rire un peu.
En ce concerne Magimel, apparement un acteur apprecié des nouvelles generations de spectateurs, voila encore une gourde incroyable de nos appprentis cineastes: il est casté en tueur à gages contemplatif copié-collé du personage de Alain Delon dans le 'Le Samourai"! Il est tellement improbable que vous avez envie de secouer le realisateur en lui hurlant: "Réfléchissez enfin ! un tueur à gage, pas un jeune premier qui sort avec des mannequins! Soit vous faites votre "faux-docu realiste, camera au poing" soit vous plagiez un Delon-Melville, mais choisissez! Votre pot pourri est completement debile la!"
Il y a aussi Olivier Marchal (un rélisateur de films du genre), tout aussi "miscast", dont le personage est une ébauche sans aucun arc dramatique et ne sert que de faire-valoir (pensait-on en faisant appel a lui mitiger l'imposture de cette entreprise grace a un "name-dropping" approximatif?).
Béatrice Dalle en femme de gangster a du mal à servir les dialogues d'un ridicule inoui qui ont été écrits pour elle. Autres grosses erreurs de casting, Tomer Sisley (ce nom sonne Juif israélien) qui joue un Arabe. Il est nul. Au secours. Son compatriote aussi d'ailleurs ne fait pas arabe du tout.
La realisation: il s'agit de ces realisateurs nouveaux de l'idiocracie actuelle qui filment des gros budget avec une camera portée (saccageant le travail honnête du directeur de la photographie qui, lui, connait son métier). Pour sa defense, c'etait son concept de depart (de faire dans le style documenteur). Mais attendez-vous a des scenes de "shaky cam" d'une betise monumentale ou vous vous demanderez ce que vous etes en train de regarder: ah, des mains.. oh un pied... heu.. a.. rien. Juste rien. Pretentieux et inepte que tout cela. Mais il y a aujourd'hui tellement pire ailleurs qu'il n'est pas necessaire de s'acharner sur lui pour ca.
Pour conclure, le produit fini est un film de diletante (d'idiots en fait) de 50 minutes qui a été étiré pour en faire 100. La prémisse de départ est pourtant celle d'un film que les amateurs du genre auraient surement aimé voir, mais il aurait fallu pour la delivrer retravailler tout le script. Il aurait aussi fallu un dialoguiste competant (les interactions decrites sont souvent gênantes pour un film de gangsters "réaliste"). Il aurait aussi fallu remplacer (ou au moins conseiller) ce réalisateur tres faible. Reste un Philippe Caubert divertissant en "Niels Arestup du pauvre" (quoiqu'il se régale plus que nous), et une tentative de depeindre le milieu sous son jour le plus viscieux, parti-pris d'exploitation a signaler aux fans du genre qui, certes perdrons ennormément de QI durant le visionage, mais en tireront (peut-etre) un "guilty pleasure" delassant. Mais la encore, pourquoi ne pas prendre Samurai Cop ou Hitman le Cobra plutot?
NOTE ADDITIONELLE FASCINANTE: Jetant un regard rapide sur la filmographie de ce "réalisateur", j'apprend qu'il est un de ces "fils a papa" pour qui les portes sont déjà ouvertes, et qu'il ne fait que des navets. Je découvre aussi... sa tête! un specimen de rouquemouthe tout a fait fascinant dont chaque trait rappele l'infame crucifère rempli d'eau et symbole ironique des moments les plus médiocres de la créativité humaine... UN NAVET HUMAIN! Faut que vous voyez ca: https://media.senscritique.com/media/000006713430/150x201/frederic_schoendoerffer.png
Créée
le 8 nov. 2024
Critique lue 76 fois
8
le 15 sept. 2014
SuivreQuand je vois toutes les mauvaises notes de ce film je ne comprends pas... Le scenario est classique et déjà vu? Non, des films de mafieux français "réaliste" il n'y en a pas autant que...
9
le 22 févr. 2018
SuivreCorti caïd.Claude Corti,caïd quinquagénaire de la pègre parisienne,trafique dans tout ce qui peut rapporter du pognon:drogue,racket,prostitution,faux papiers.Il dirige ses affaires d'une main d'acier...
10
le 28 juil. 2015
SuivreDès la sortie de ce film culte, les critiques (ces trous du cul !) ont massacré le film sous prétexte que le film était misogyne et trop violent. A ça je répondrai que ce film ne s'appelle pas...
6
le 11 juil. 2025
SuivreLe public y allait pour voir The Bebel Show, c'est tout. Le reste est une production de routine, c'est repetitif et pas drole, mais c'est largement plus sympathique que les films qui aujourdhui le...
1
le 6 avr. 2025
SuivreVers la fin de sa vie, Bebel fut victime de charognards qui essayèrent de gratter tout ce qu'ils pouvaient du vieillard sans défense. Parmi eux, un opportuniste nommé Huster parvint à bâtir un film...
5
le 3 févr. 2025
Suivrele 9 févr. 2025
La nanarophilie est une perversion cinéphilique similaire à la scatophilie en matière de sexualité. Le nanarophile prend son plaisir à travers des films nullissimes, trames sans queue ni tête,...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème