Peu après la Seconde Guerre Mondiale, Preston Tucker est un entrepreneur modeste mais visionnaire, qui souhaite développer une nouvelle voiture révolutionnaire comprenant moteur à l'arrière, ceintures de sécurité, et design innovant. Cependant, les grands constructeurs de Detroit lui mettront des bâtons dans les roues... On sent que Coppola s'identifie à ce personnage historique, le présentant comme un génie ambitieux face à un système hostile, tel un Tesla.
Jeff Bridges campe à merveille cet optimiste fougueux qui ne désarmera que rarement son sourire commercial mais honnête. Il est ici épaulé par de solides seconds rôles (Joan Allen, Christian Slater, mais surtout Martin Landau, bien plus émouvant que son personnage ne le laissait soupçonner). Et, détail amusant, l'acteur qui incarne son "ennemi" (un sénateur conservateur) n'est autre que son propre, père, Lloyd Bridges !
Le film bénéficie en outre d'un montage et d'une réalisation dynamiques, proposant quelques effets de mise en scène efficaces, des images colorées, et quelques clins d’œil visuels bienvenus aux 50's, appuyés par une BO jazzy. On regrettera peut-être le manque de finesse du dernier acte, qui accentue trop le côté pourri du système (presse, justice, police, gouvernement, élus : tout semble contrôlé par les constructeurs automobiles ou leur lobby !) tandis que le protagoniste est amené avec un énorme capital sympathie. Néanmoins, "Tucker: The Man and His Dream" est une fable agréable sur les rêves et la difficulté de les matérialiser.