Cela faisait très longtemps que je souhaitais voir ce film méconnu de Francis Ford Coppola, échec commercial et des plus rares à la télévision française. Vous écrire que celui-ci est une perle à découvrir absolument serait exagéré. Le résultat est globalement des plus classiques, loin des audaces et fulgurances des chefs-d'œuvre de son auteur. Martin Landau excepté, les seconds rôles ont beaucoup de mal à exister, ce beau casting n'étant pas suffisamment mis en valeur, même Jeff Bridges paraissant un peu palot dans ce rôle de précurseur brisé par une concurrence refusant de voir un nouvel entrant dans la production automobile.
Cet aspect, comme d'autres, aurait mérité d'être plus développé, Coppola ne rentrant jamais dans les détails, se contentant souvent d'évoquer les grandes lignes au point de manquer un peu de clarté par moments. Reste que cette histoire méritait clairement d'être racontée, le cinéaste se reconnaissant manifestement dans le portrait de ce rêveur en avance sur son temps, sans doute idéalisé sans que cela soit vraiment un problème. On ne peut que s'identifier à cet homme courageux, ayant pris beaucoup de risques (notamment financiers) pour obtenir une liberté créative qu'il n'obtiendra jamais.
L'histoire d'un échec immérité (pas très compliqué de faire un parallèle avec la carrière du film!), que l'auteur d' « Apocalypse Now » transforme en une quasi-réussite à travers ce procès (pas mal foutue d'ailleurs : spécialité américaine) où, à défaut de
sauver son entreprise, notre héros sauve au moins sa vie...
Dommage que l'œuvre n'ait pas pris de ce côté intrépide, insouciant de ce dernier, ne répondant que partiellement aux espoirs placés en lui. Au moins appréciera t-on ce savoir-faire évident, plus si courant de nos jours (belle photographie) et le reflet d'une époque à la fois si loin et si proche, parfois délicieusement rétro. De quoi mériter le coup d'œil.